
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a annoncé lundi 27 avril avoir pris le contrôle total de la ville et du camp militaire de Tessit, dans le nord du Mali. Selon son communiqué, les forces maliennes et les éléments de l’Africa Corps présents sur place se seraient rendus sans combat. Cette revendication intervient dans un contexte d’escalade sécuritaire marquée par des offensives coordonnées à l’échelle nationale.
D’après le message attribué au JNIM et relayé sur des canaux proches du mouvement, la prise de Tessit aurait été obtenue à la suite d’une sommation adressée aux forces maliennes (FAMa) et aux combattants de l’Africa Corps, unité paramilitaire russe déployée au Mali. Les troupes présentes auraient accepté de déposer les armes, permettant au groupe jihadiste de s’emparer « pacifiquement » du camp et de la localité.
Dans la foulée, le JNIM a appelé les autres positions militaires à travers le pays à « suivre le même chemin », suggérant une stratégie de pression psychologique visant à multiplier les redditions plutôt que les affrontements directs. Cette communication s’inscrit dans une séquence offensive plus large observée depuis le 25 avril, caractérisée par des attaques simultanées contre plusieurs centres urbains et bases militaires.

Selon plusieurs sources concordantes, ces opérations ont impliqué plusieurs milliers de combattants et ciblé des villes stratégiques telles que Gao, Mopti, Kidal ou encore les abords de Bamako. Les autorités maliennes évoquent plus de 200 combattants jihadistes neutralisés, tandis que d’autres estimations font état de pertes bien plus élevées dans les rangs insurgés, sans vérification indépendante possible.
Parallèlement, la situation sécuritaire s’est fortement dégradée au sommet de l’État. Des attaques récentes ont coûté la vie à des responsables militaires de premier plan, dont le ministre de la Défense, dans une série d’assauts coordonnés qualifiés de « sans précédent ». Ces opérations illustrent une montée en puissance du JNIM, qui bénéficie désormais d’alliances tactiques inédites, notamment avec des groupes rebelles touaregs, accentuant la complexité du conflit.
Sur le terrain, la présence de l’Africa Corps, estimée à environ un millier d’hommes selon certaines sources ouvertes, n’a pas suffi à enrayer la progression des groupes armés. Dans plusieurs zones du nord, des retraits ou redéploiements auraient été observés, parfois à la suite de pertes matérielles ou humaines significatives.
La localité de Tessit, située dans la région de Gao, constitue un point stratégique en raison de sa proximité avec la frontière nigérienne et de son exposition historique aux attaques jihadistes. En 2025, une offensive dans cette zone avait déjà causé la mort d’au moins 40 soldats maliens, soulignant sa vulnérabilité persistante.
La revendication de la prise de Tessit par le JNIM, si elle est confirmée, marquerait une nouvelle étape dans l’érosion du contrôle territorial de l’État malien dans certaines zones périphériques. L’appel explicite à la reddition des garnisons traduit une stratégie visant à accélérer les gains sans confrontation prolongée. Dans un contexte d’alliances mouvantes et de pression accrue sur les forces gouvernementales, la dynamique actuelle laisse entrevoir une phase critique du conflit, aux implications sécuritaires majeures pour l’ensemble du Sahel.










