
L’Union africaine (UA) a lancé un appel officiel en faveur d’une révision de la représentation cartographique mondiale, estimant que les cartes communément utilisées minimisent la véritable superficie de l’Afrique. Cette prise de position a été exprimée lors d’une réunion de haut niveau tenue au siège de l’organisation, à Addis-Abeba, en Éthiopie.
Selon les experts mobilisés par l’UA, la projection de Mercator qui date du 16ème siècle, est l’un des modèles les plus répandus pour représenter le globe. Il fausse les proportions géographiques, donnant aux pays situés près des pôles une apparence plus grande qu’ils ne le sont réellement et réduisant visuellement les terres proches de l’équateur. « L’Afrique est souvent perçue comme plus petite qu’elle ne l’est, alors qu’elle pourrait contenir plusieurs grandes nations et régions du monde », a déclaré Selma Malika Haddadi, vice-présidente de la Commission de l’UA.
Avec une superficie de plus de 30 millions de kilomètres carrés, le continent africain est le deuxième plus vaste au monde, couvrant environ 20 % de la surface terrestre. Les responsables de l’UA estiment que cette sous-représentation cartographique influence non seulement la perception géopolitique, mais aussi les enjeux économiques, médiatiques, éducatifs et culturels.
Le débat sur la représentation des continents sur les cartes n’est pas nouveau : plusieurs organisations internationales, universitaires et cartographes ont déjà recommandé l’utilisation d’autres projections, comme celle de Gall-Peters, qui offre une proportion plus fidèle entre les masses terrestres. L’UA souhaite que les institutions éducatives, les médias et les éditeurs de cartes adoptent des représentations corrigées, afin que les générations futures puissent mieux appréhender la réalité géographique du monde.
Aucune feuille de route précise n’a pour l’instant été annoncée, mais l’organisation panafricaine entend inscrire ce dossier à l’ordre du jour de ses prochains sommets, espérant rallier un consensus international.










