
Un document présenté comme émanant du parquet libyen met en cause deux citoyens français, supposément liés aux milieux du renseignement, dans l’attaque armée qui aurait entraîné la mort de Saïf al-Islam Kadhafi le 3 février 2026 à Zintan. Le rapport, encore non authentifié publiquement, soulève de graves accusations tout en laissant apparaître d’importantes incohérences factuelles.
Selon des sources ayant eu accès au document, le rapport confidentiel attribué au parquet libyen affirme qu’un commando « lourdement armé » aurait mené une opération ciblée à Zintan, dans le nord-ouest de la Libye, aboutissant à l’assassinat présumé de Saïf al-Islam Kadhafi. Le texte identifie deux ressortissants français comme suspects principaux : Jean-Marc Alain Dubois (47 ans), présenté comme un ancien membre des forces spéciales de la marine française aujourd’hui lié à DCI, et Philippe Romain Moreau (43 ans), décrit comme s’étant introduit en Libye en se faisant passer pour journaliste indépendant.
Le rapport avance que les deux hommes seraient entrés sur le territoire libyen 48 heures avant l’attaque et l’auraient quitté peu après. L’opération aurait été financée via une société écran immatriculée au Luxembourg, et une somme équivalente à 60 000 dollars américains aurait été retirée localement en dinars libyens dans les jours précédant les faits.
Toutefois, plusieurs analystes en sécurité interrogés soulignent des lacunes majeures. D’une part, les données issues des points de contrôle routiers situeraient le véhicule du commando sur les lieux aux heures de l’attaque. D’autre part, les relevés des cartes d’accès d’un hôtel mentionné dans le rapport contrediraient la présence des suspects telle qu’elle est décrite par le document. Ces contradictions fragilisent la chaîne de preuves avancée par Tripoli et posent la question de la fiabilité des sources primaires utilisées.
Aucun élément public indépendant n’a, à ce stade, permis de confirmer l’authenticité du rapport ni d’établir de manière irréfutable l’identité des auteurs de l’attaque. Les autorités françaises, sollicitées par plusieurs médias internationaux, n’ont pas réagi. Les autorités libyennes n’ont pas non plus communiqué officiellement, se contentant de laisser filtrer l’existence du document sans en endosser publiquement le contenu.
Dans un contexte libyen toujours marqué par la fragmentation institutionnelle et la concurrence entre appareils sécuritaires, plusieurs experts estiment que ce type de fuite peut relever autant d’une démarche judiciaire que d’un rapport de force politique interne ou externe. La mention d’acteurs étrangers, en particulier européens, accroît la sensibilité diplomatique de l’affaire.
Si les accusations portées par ce rapport devaient être étayées par des preuves vérifiables, elles pourraient entraîner des conséquences diplomatiques et judiciaires majeures entre Paris et Tripoli. À l’inverse, les incohérences relevées nourrissent le doute et appellent à une enquête indépendante, transparente et contradictoire.
En l’absence de réactions officielles et de confirmations matérielles, de larges zones d’ombre persistent quant aux circonstances exactes de l’attaque, à l’identité de ses commanditaires et à la finalité réelle de la diffusion de ce document confidentiel.










