
A la surprise de tous, un nouvel accord politique, sorti des coulisses, vient d’être conclu en Libye. Il porte la signature invisible d’Ibrahim Kalin, patron du renseignement turc (MIT). Selon Africa Intelligence, ce dernier se serait mué en médiateur entre Abdelhamid Dabaïba, le chef du gouvernement d’union nationale (GUN), et ses rivaux, notamment la force Rada.
D’après les sources du journal, Kalin a multiplié les allers retours à Tripoli ces derniers mois. Objectif : orchestrer une trêve ou un compromis, permettant de consolider le pouvoir du GUN tout en apaisant les tensions entre factions armées. En toile de fond, ce jeu diplomatique servirait les intérêts stratégiques de la Turquie en Libye, déjà fortement présente sur les plans militaire (avec des accords de défense) et politique.
La force Rada, bien implantée dans la capitale, constitue l’un des principaux défis pour Dabaïba, qui cherche à asseoir son autorité dans un pays toujours fragmenté après plus de dix ans de chaos politique et d’instabilité. Le rôle de Kalin consisterait à offrir un canal de négociation crédible, susceptible de rapprocher des positions jusqu’ici antagonistes.
Ce rapprochement est aussi politique : la Turquie, déjà très investie en Libye, voit dans cet arrangement une opportunité de renforcer son influence. En assurant une médiation, elle se pose comme un acteur incontournable des équilibres internes libyens – non pas en imposant, mais en facilitant un consensus.
Reste à voir jusqu’où ira cet accord. Les détails restent flous : quelles concessions chacun est prêt à faire, comment se repartira le pouvoir, et comment seront satisfaites les attentes des groupes armés sur le terrain. Les populations, elles, attendent moins de promesses que des résultats concrets : stabilité, sécurité, et une gouvernance enfin audible.
À terme, si cette médiation se révèle efficace, elle pourrait devenir un modèle, non seulement pour la Libye, mais pour d’autres États de la région où les fractures armées et politiques résistent aux solutions classiques. Mais le pari est risqué : les divisions sont profondes, les égoïsmes nombreux, et l’influence étrangère scrutée avec méfiance.










