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Libye : 700 migrants soudanais expulsés dans le cadre d’une vaste opération contre le trafic

photo d'illustration

Les autorités de l’Est de la Libye ont annoncé ce samedi 20 juillet, l’expulsion de près de 700 migrants soudanais présents sur leur territoire. Cette opération, menée dans le cadre d’une campagne nationale de lutte contre le trafic, soulève de nombreuses réactions, entre impératifs sécuritaires et préoccupations humanitaires.

Selon un communiqué rendu public, les personnes concernées ont été interpellées dans des quartiers de l’Est du pays souvent utilisées comme points de passage par les réseaux de migration irrégulière. Les autorités affirment que ces expulsions s’inscrivent dans « une stratégie visant à démanteler les réseaux criminels impliqués dans le transport, la fabrication et la distribution de substances illicites ».

selon le même communiqué, les migrants expulsés « n’étaient pas tous personnellement impliqués dans le trafic », mais qu’ils se trouvaient dans des zones fortement suspectées d’abriter des activités criminelles. Certains aussi, auraient été en situation administrative irrégulière, sans documents officiels ni statut de réfugié reconnu.

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est devenue un point névralgique des flux migratoires entre l’Afrique subsaharienne et l’Europe. Des dizaines de milliers de migrants, fuyant les conflits, la pauvreté ou les catastrophes climatiques, s’y retrouvent bloqués dans l’espoir de traverser la Méditerranée. Nombre d’entre eux vivent dans des conditions précaires, exposés à la violence, aux arrestations arbitraires et aux extorsions.

L’expulsion de ces 700 Soudanais intervient alors que les autorités libyennes multiplient les opérations sécuritaires dans les grandes villes, affirmant vouloir « restaurer l’ordre public » et freiner la prolifération de stupéfiants. Selon certaines ONG présentes sur le terrain, ces campagnes se traduisent souvent par des rafles massives et des détentions prolongées, sans assistance juridique ni contrôle judiciaire.

Du côté des Nations Unies, le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) a exprimé sa « vive inquiétude » face à cette vague d’expulsions. Dans une note publiée ce matin, l’agence rappelle que plusieurs des migrants expulsés pourraient être des demandeurs d’asile ou des personnes ayant fui des violences au Darfour et dans d’autres régions instables du Soudan. Le HCR demande aux autorités libyennes de respecter les principes du droit international, en particulier le principe de non-refoulement, qui interdit le renvoi d’une personne vers un pays où elle risque des persécutions.

À Khartoum, bien que le gouvernement soudanais soit encore partiellement paralysé par la guerre civile, une source diplomatique a confirmé que les migrants expulsés avaient été accueillis à la frontière terrestre, sans procédure d’identification systématique ni mesure d’accompagnement à la réinsertion.

Pendant ce temps, plusieurs organisations humanitaires ont appelé à un meilleur encadrement des politiques migratoires en Libye et à une coopération accrue entre Tripoli, l’Union africaine et l’Union européenne pour mettre fin aux traitements arbitraires infligés aux personnes en exil.

À mesure que les tensions régionales s’intensifient et que les flux migratoires se maintiennent, la gestion sécuritaire de la migration risque de demeurer au cœur des débats politiques, dans une Libye toujours en quête de stabilité.

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