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Les transporteurs routiers maliens contestent les discours officiels sur l’insécurité et le blocus du JNIM imposé dans le nord du pays

photo d'illustration


La situation sécuritaire au Mali continue de se dégrader, notamment dans les zones du nord et du centre, où les groupes jihadistes affiliés au JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) imposent leur loi. Dimanche 14 septembre 2025, plusieurs dizaines de camions-citernes transportant des hydrocarbures ont été incendiés par ces combattants sur l’axe Kayes-Bamako, entraînant des pertes estimées à plus de 15 milliards de F.CFA. Cet incident dramatique a ravivé les inquiétudes des transporteurs routiers maliens qui dénoncent désormais, ouvertement, la « campagne mensongère » des autorités militaires de transition.

Réunis au sein du consortium des transporteurs routiers, comprenant le Conseil malien des Transporteurs Routiers (CMTR), le Syndicat national des transporteurs (SNT) et le Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers (Synacor), les acteurs du secteur affirment que le blocus imposé par le JNIM est bien réel et que la communication officielle cherchant à minimiser son existence ne reflète en rien la réalité vécue sur le terrain. « Nos routes sont devenues impraticables et meurtrières », ont-ils souligné dans leur motion de protestation, dénonçant le fait que même les convois militaires censés sécuriser les axes stratégiques rebroussent parfois chemin, laissant les chauffeurs sans protection.

Cette prise de position traduit un malaise croissant entre les autorités et les corps intermédiaires. Les autorités de transition, dans leur communication, insistent depuis plusieurs mois sur une amélioration progressive de la sécurité grâce à des opérations militaires conjointes avec leurs partenaires russes. Or, les transporteurs, en première ligne face aux attaques, estiment que ces annonces relèvent davantage d’un discours politique que d’une description fidèle des faits.

Au-delà de la contestation syndicale, l’incident de Kayes illustre la fragilité persistante des corridors économiques maliens. Le transport routier constitue l’artère vitale de l’approvisionnement du pays, en particulier pour les produits pétroliers et alimentaires. Chaque attaque a donc des répercussions immédiates sur les prix, la disponibilité des biens de première nécessité et, à terme, sur la stabilité sociale.


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