
Une vive tension a secoué la périphérie de Nairobi ce lundi, alors que des manifestants ont tenté de rejoindre la capitale dans le cadre d’un mouvement de contestation populaire. Selon plusieurs témoins et sources locales, les forces de l’ordre ont fait usage de balles réelles pour disperser la foule en furie, entraînant des scènes de panique et de confusion.
Depuis plusieurs semaines, le Kenya est le théâtre de protestations de grande ampleur, initiées principalement par des jeunes mobilisés contre la hausse du coût de la vie, la corruption et certains projets de loi jugés impopulaires. Le mouvement, en grande partie pacifique à ses débuts, a pris une tournure plus tendue ces derniers jours, avec des affrontements sporadiques signalés dans plusieurs villes du pays.
Ce lundi matin, des centaines de manifestants ont quitté les faubourgs de plusieurs localités pour converger vers Nairobi, malgré les mises en garde du gouvernement.
À l’entrée de la ville, des unités de la police antiémeute ont érigé des barrages pour empêcher leur progression.
Selon des images diffusées sur les réseaux sociaux et des vidéos relayées par des médias locaux, les forces de l’ordre ont d’abord utilisé des gaz lacrymogènes avant de tirer à balles réelles en direction de certains groupes de manifestants.
Aucune déclaration officielle n’a encore confirmé le nombre de blessés ou de victimes, bien que des ONG de défense des droits humains aient évoqué plusieurs blessés graves. Des hôpitaux de la capitale ont également rapporté avoir admis plusieurs personnes présentant des blessures par balles.
Le gouvernement, pour sa part, n’a pas encore réagi officiellement aux événements de la journée. Des responsables sécuritaires, interrogés par la presse, ont affirmé avoir agi pour prévenir une entrée « non autorisée et potentiellement dangereuse » dans le centre-ville.
La communauté internationale, qui suit de près la situation au Kenya, a exprimé son inquiétude face à l’escalade des violences. Plusieurs ambassades occidentales ont appelé leurs ressortissants à éviter les zones de rassemblement et à faire preuve de prudence.
Alors que la contestation semble loin de s’essouffler, les appels au dialogue se multiplient dans un pays qui reste marqué par un passé d’épisodes de violences post-électorales. Les prochains jours s’annoncent décisifs pour l’avenir du mouvement et la réponse que les autorités y apporteront.









