
Le journaliste kényan Alex Kiprotich, rédacteur associé du Standard Group, a été enlevé mardi 1er septembre au soir sur l’axe Gilgil-Nakuru, avant d’être retrouvé sain et sauf neuf heures plus tard près du barrage de Masinga, dans le comté de Machakos. L’incident, qui intervient après une précédente tentative de l’intercepter en juin, suscite de nouvelles interrogations sur la sécurité des professionnels des médias au Kenya.
Alex Kiprotich se rendait vers Nakuru lorsqu’il a été intercepté sur la route Gilgil-Nakuru, peu avant 21 h 20, selon le Standard Group. Des images provenant d’une caméra embarquée et diffusées par le groupe de presse montrent plusieurs hommes armés et masqués sortir d’un véhicule avant de contraindre le journaliste à quitter le sien. Les circonstances exactes de l’opération restent toutefois au cœur des investigations.
Le journaliste a été retrouvé vers 2 heures du matin mercredi, à proximité du barrage de Masinga, à plus de 200 kilomètres du lieu où il avait été enlevé. Selon son employeur, il avait trouvé refuge auprès d’un ménage voisin avant qu’une équipe du Standard Group ne le localise vers 6 h 30. Il était vivant, mais visiblement éprouvé par les heures passées entre les mains de ses ravisseurs.
Cette affaire intervient après un premier incident signalé le 27 juin. Des hommes circulant à bord d’une Toyota Probox auraient alors tenté de contraindre Kiprotich à sortir de son véhicule alors qu’il se rendait à son travail à Nakuru. Le journaliste avait réussi à verrouiller les portières et à prendre la fuite. Le Standard Group affirme qu’aucune personne n’a, à ce jour, été tenue responsable de cette première tentative.
L’identité et les motivations des auteurs de l’enlèvement du 1er septembre doivent encore être établies par les autorités compétentes. Le Standard Group a demandé une enquête « prompte, transparente et indépendante ». De son côté, la Kenya Editors Guild a appelé à identifier et poursuivre les responsables, tandis que la Media Owners Association a également réclamé une enquête indépendante sur les circonstances de l’affaire.
L’épisode intervient dans un contexte plus large de préoccupations concernant la sécurité des journalistes au Kenya. Les organisations professionnelles et de défense des droits humains demandent régulièrement que les incidents visant des professionnels des médias fassent l’objet d’enquêtes permettant d’établir les responsabilités. Dans cette affaire, aucune conclusion définitive ne permet encore d’établir publiquement l’identité des ravisseurs ni leur éventuel lien avec une institution publique.
La récupération d’Alex Kiprotich met fin à une disparition de plusieurs heures, mais ne clôt pas les questions soulevées par cette affaire. L’enjeu immédiat demeure désormais l’établissement précis des faits, l’identification des auteurs et la détermination des responsabilités. Pour la presse kényane comme pour l’ensemble des médias africains, cette enquête sera aussi observée comme un indicateur de la capacité des institutions à garantir la sécurité des journalistes dans l’exercice de leur profession.












