
La découverte de six corps dans une fosse commune à Forécariah, en Basse-Guinée, a conduit plusieurs organisations de la société civile à demander une enquête indépendante. Les dépouilles, toutes masculines, ont été retrouvées le 24 août dans une zone forestière de la sous-préfecture d’Allassoyah. Leur identité et les circonstances de leur mort ne sont pas encore établies, tandis que les autorités guinéennes poursuivent leurs investigations.
La découverte a été faite par des jeunes qui se trouvaient dans la zone pour ramasser du bois de chauffe. Selon l’Agence guinéenne de presse (AGP), les six corps ont été retrouvés dans le secteur de Sabakhouré, les victimes ayant les yeux bandés et les mains attachées. Alertées, les autorités locales et le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Forécariah se sont rendus sur place. Les corps ont ensuite été exhumés et transférés à l’hôpital préfectoral pour les besoins de l’enquête et de leur identification.
À ce stade, aucune des six victimes n’a été officiellement identifiée. Les informations disponibles indiquent qu’il s’agit de six hommes, dont l’un serait âgé d’environ 60 ans. Les autorités n’ont pas encore établi publiquement la date, la cause ou les circonstances précises des décès. Le parquet de Forécariah a ouvert une enquête afin notamment de déterminer les conditions dans lesquelles les corps ont été retrouvés et d’identifier les victimes.
Le 28 août, une commission régionale et préfectorale de défense et de sécurité s’est rendue à Forécariah. Conduite par la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Djenabou Touré, la mission a réuni notamment des responsables judiciaires, administratifs et des représentants des forces de défense et de sécurité. Des témoignages ont également été recueillis auprès des populations de Sabakhouré. Les autorités ont indiqué que les investigations se poursuivaient pour identifier les victimes et déterminer d’éventuelles responsabilités.
Parallèlement, vingt organisations de la société civile africaine ont demandé une enquête indépendante et transparente. Parmi elles figurent Afrikajom Center, Africtivistes et plusieurs organisations du réseau Tournons la Page. Elles souhaitent notamment que les investigations permettent d’établir les faits et les responsabilités sur la base d’éléments vérifiables.
Des organisations guinéennes ont également demandé le recours à des expertises médico-légales indépendantes, notamment des autopsies et des analyses ADN destinées à faciliter l’identification des victimes. Ces demandes interviennent alors que les circonstances exactes des décès demeurent inconnues et que l’enquête judiciaire est toujours en cours.
La découverte des six corps à Forécariah ouvre ainsi une enquête dont les principaux éléments restent à établir : identité des victimes, causes et date des décès, ainsi que circonstances de leur présence dans cette fosse. Pour l’heure, les autorités poursuivent les investigations tandis que des organisations africaines demandent que les conclusions reposent sur une procédure indépendante, transparente et étayée par des éléments médico-légaux.








