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Guinée-Bissau : les autorités militaires interdisent manifestations et grèves avant une visite de la CEDEAO

photo d'illustration

En Guinée-Bissau, les dirigeants militaires ayant pris le pouvoir à la suite du coup d’État survenu la semaine dernière ont annoncé une série de mesures visant à renforcer leur contrôle sur le pays. Parmi celles-ci, figurent l’interdiction des manifestations publiques et des mouvements de grève, une décision qui intervient à la veille d’une visite de haut niveau de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). L’organisation régionale a exprimé sa volonté de s’impliquer activement dans le rétablissement de l’ordre constitutionnel.

Selon des sources officielles, ces mesures ont pour objectif de « préserver la stabilité et la sécurité nationale » dans un contexte que les autorités militaires qualifient de « sensible ». Les rassemblements de toute nature, qu’ils soient syndicaux, politiques ou citoyens, sont interdits jusqu’à nouvel ordre. Les militaires affirment que ces restrictions visent à prévenir toute perturbation susceptible d’aggraver la situation politique déjà fragile.

Cette décision intervient alors que la CEDEAO se prépare à envoyer une délégation conduite par plusieurs chefs d’État et de gouvernement de la région. Leur mission consistera à dialoguer avec les nouvelles autorités, évaluer la situation actuelle et proposer une feuille de route pour un retour progressif à la vie constitutionnelle. Le bloc régional, qui s’est montré ferme à l’égard des prises de pouvoir militaires au cours des dernières années en Afrique de l’Ouest, a rappelé à plusieurs reprises son attachement au respect des principes démocratiques.

Sur le terrain, cette interdiction des rassemblements soulève des inquiétudes parmi certains observateurs, qui y voient un renforcement notable du contrôle exercé par les militaires. Si les autorités assurent qu’il s’agit d’une mesure temporaire destinée à prévenir les « troubles sociaux », des organisations de la société civile estiment que la liberté d’expression et de manifestation pourrait être durablement affectée.

Dans les milieux diplomatiques, la visite prochaine de la CEDEAO est attendue comme un test crucial pour l’avenir politique du pays. Plusieurs partenaires internationaux appellent au dialogue et encouragent une transition pacifique et négociée. Pour l’heure, aucune information officielle n’a été donnée sur la durée des restrictions imposées, ni sur un calendrier éventuel pour un retour à l’ordre constitutionnel.

La situation en Guinée-Bissau demeure donc sous étroite surveillance, aussi bien au niveau régional qu’international, alors que s’ouvre une nouvelle phase d’incertitude politique.

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