
La Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) de Guinée-Bissau a annoncé, mardi 2 décembre 2025, qu’elle ne pouvait pas poursuivre le processus de l’élection présidentielle du 23 novembre en raison d’attaques armées survenues dans ses bureaux. Selon l’institution, des hommes armés ont pris d’assaut plusieurs centres de vote, s’emparant des bulletins de vote et des décomptes des voix, avant de détruire les serveurs stockant les résultats.
L’attaque a eu lieu quelques jours après le scrutin, alors que le pays attendait la proclamation des résultats. La CENI a précisé que, malgré la sécurisation de certaines zones, plusieurs bureaux de vote ont été attaqués simultanément dans diverses régions, perturbant gravement l’intégrité du processus électoral. Les hommes armés, identifiés comme étant issus de groupes non encore revendiqués, ont volé des documents électoraux cruciaux et détruit une partie des infrastructures numériques destinées à centraliser les résultats.
Cette situation a créé un climat d’incertitude politique dans un pays déjà fragile, marqué par des tensions internes et des défis sécuritaires. La Guinée-Bissau, qui traverse une période de stabilité politique relative, fait face à des difficultés récurrentes liées à la gestion des élections et à la violence qui entache régulièrement son processus démocratique.
Dans un communiqué officiel, la CENI a exprimé sa « profonde inquiétude » face à l’ampleur des attaques, soulignant que l’intégrité des élections ne pouvait être garantie après la perte de tant de données sensibles. « Les résultats de l’élection présidentielle du 23 novembre ne peuvent être validés dans ces conditions, et nous appelons à une réévaluation complète de la situation », indique le communiqué.
Les autorités guinéennes n’ont pas encore réagi publiquement à ces incidents, mais des appels à une enquête approfondie ont été lancés par la société civile et les partis d’opposition. De nombreux observateurs internationaux ont également exprimé leur inquiétude concernant les impacts de ces violences sur la démocratie et la stabilité du pays.
L’incident met en lumière les fragilités des infrastructures électorales en Guinée-Bissau, un pays où les tensions politiques et les défis sécuritaires sont exacerbés par les affrontements entre factions rivales. La communauté internationale suit de près l’évolution de la situation, alors que les citoyens guinéens restent dans l’attente de clarifications concernant la suite du processus électoral.









