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Guinée-Bissau : dispersion de manifestants à Bissau après la mort d’un militant, l’ONU dénonce un « meurtre brutal »

photo d'illustration

La tension est montée d’un cran à Bissau, capitale de la Guinée-Bissau, où plusieurs centaines de manifestants ont été dispersés jeudi par les forces de sécurité. À l’origine de la mobilisation : la mort d’un militant de la société civile, qualifiée de « meurtre brutal » par les Nations unies. L’affaire ravive les inquiétudes sur la dégradation du climat politique dans ce pays d’Afrique de l’Ouest dirigé par une junte militaire depuis fin 2025.

Selon plusieurs sources concordantes, des centaines de personnes se sont rassemblées dans les rues de Bissau pour réclamer « justice » après la mort de Vigário Luís Balanta, une figure de la société civile et président du mouvement Pó di Terra.

Le militant, âgé d’environ 35 ans, a été retrouvé mort mardi à une trentaine de kilomètres de la capitale. Son corps présentait des signes de violences extrêmes, notamment des blessures attribuées à des armes blanches et des impacts de balles, renforçant l’hypothèse d’un assassinat ciblé.

Face à cette situation, les manifestants ont tenté d’exprimer leur colère dans un contexte déjà tendu. Mais la police est intervenue pour disperser la foule à l’aide de gaz lacrymogènes, empêchant la tenue prolongée du rassemblement.

La réaction internationale n’a pas tardé. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme s’est dit « choqué » par ce qu’il qualifie de « meurtre brutal », évoquant un militant « apparemment battu à mort ». L’ONU a appelé à l’ouverture d’une enquête « approfondie et impartiale » afin d’identifier les responsables.

Cette affaire intervient dans un contexte politique particulièrement fragile. Depuis le coup d’État de novembre 2025, le pays est dirigé par une junte militaire, accusée par plusieurs organisations de restreindre les libertés publiques. Les Nations unies dénoncent notamment une réduction progressive de l’espace civique, marquée par des arrestations arbitraires, des intimidations et la suspension de certains médias.

Vigário Luís Balanta était justement l’une des voix critiques de cette transition. Très actif dans la mobilisation citoyenne, il appelait régulièrement à davantage de transparence et à un retour à l’ordre constitutionnel. Sa mort a ainsi provoqué une onde de choc au sein de la société civile, qui y voit un signal inquiétant pour les défenseurs des droits humains.

La dispersion des manifestants à Bissau illustre la crispation croissante entre les autorités de transition et une société civile en quête de justice et de garanties démocratiques. Alors que l’ONU exige une enquête indépendante, l’évolution de cette affaire pourrait devenir un test majeur pour la crédibilité des autorités bissau-guinéennes et pour l’avenir des libertés publiques dans le pays.


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