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Ghana: Accra réduit ses livraisons de carburant au Mali et au Burkina Faso

Le président ghanéen John Dramani Mahama

Depuis août 2026, le Ghana réduit les volumes de diesel et d’essence exportés vers le Mali et le Burkina Faso. La décision de BOST Energies intervient alors que la demande intérieure ghanéenne progresse et que les marchés internationaux de l’énergie restent sous tension. Cette évolution concerne deux pays sahéliens qui dépendent largement des approvisionnements acheminés depuis les États côtiers d’Afrique de l’Ouest.

Le distributeur public ghanéen BOST Energies a confirmé une diminution de ses livraisons de carburant vers le Burkina Faso et le Mali depuis le mois d’août. Selon son directeur général, Afetsi Awoonor, l’entreprise n’a pu fournir au Burkina Faso que 40 000 tonnes métriques, soit la moitié des 80 000 tonnes demandées pour juillet et août. Pour le Mali, BOST a exporté 10 000 tonnes, alors que le pays avait demandé 40 000 tonnes supplémentaires pour août et septembre.

Cette réduction intervient dans un contexte de tensions sur les marchés mondiaux du pétrole et du gaz. Selon les informations rapportées par Reuters, les perturbations associées aux conflits en Ukraine et au Moyen-Orient ont contribué à resserrer l’offre internationale et à maintenir une pression sur les prix des produits pétroliers. La demande saisonnière liée notamment aux activités agricoles constitue également un facteur de tension sur certains marchés.

Au Ghana, la pression provient aussi de l’évolution de la consommation nationale. BOST, qui représente environ 30 % du marché ghanéen des carburants, fait état d’une progression de la demande de diesel parallèlement à l’activité économique. Le diesel représente environ deux tiers des approvisionnements de l’entreprise. Afetsi Awoonor estime que le produit reste disponible, mais à un coût élevé, ce qui complique la gestion des approvisionnements et le maintien de prix domestiques stables.

La situation revêt une importance particulière pour les économies sahéliennes enclavées. Le Mali et le Burkina Faso, comme le Niger, dépendent fortement des importations de carburants provenant des pays côtiers, notamment du Ghana et de la Côte d’Ivoire. La réduction des volumes disponibles auprès d’un fournisseur régional peut donc modifier les circuits d’approvisionnement et accroître la nécessité de recourir à d’autres sources. Les données disponibles ne permettent toutefois pas, à ce stade, de mesurer précisément l’impact de la décision ghanéenne sur les prix à la pompe ou sur les stocks dans chacun des deux pays.

Le Ghana cherche parallèlement à renforcer ses capacités énergétiques et logistiques. BOST prévoit notamment de développer progressivement des infrastructures de stockage du gaz de pétrole liquéfié sur plusieurs sites, avec un projet à Kumasi, ainsi qu’un terminal à Tema. Ces investissements doivent accroître les capacités de distribution et d’importation de l’entreprise.

La réduction actuelle des exportations illustre ainsi la sensibilité des échanges énergétiques ouest-africains aux variations de l’offre mondiale et aux besoins nationaux. Pour les pays sahéliens, elle souligne également l’importance des corridors d’approvisionnement reliant les économies enclavées aux infrastructures portuaires et énergétiques du littoral.

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