
La capitale tchadienne accueille, les 15 et 16 juillet, le Forum Africain de l’Eau, un rendez-vous continental consacré aux défis liés à la gestion des ressources hydriques. Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par l’accélération des effets du changement climatique, la pression démographique et la multiplication des tensions autour de l’accès à l’eau. Décideurs politiques, experts, partenaires techniques et financiers ainsi que représentants d’organisations régionales y examinent les réponses à apporter à l’un des enjeux les plus stratégiques du continent.
L’ouverture du Forum Africain de l’Eau à N’Djamena place le Tchad au centre des réflexions sur l’avenir des ressources hydriques en Afrique. Pendant deux jours, les participants se pencheront sur les défis liés à l’accès à l’eau potable, à la gestion durable des bassins fluviaux, à la résilience climatique et au financement des infrastructures hydrauliques.
Cette rencontre intervient alors que l’Afrique demeure l’une des régions du monde les plus exposées au stress hydrique. Selon les estimations des Nations unies, plus de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à des services d’eau potable gérés de manière sécurisée. Dans plusieurs régions du continent, les sécheresses récurrentes, la désertification et l’irrégularité des précipitations fragilisent les activités agricoles, qui représentent pourtant une source essentielle de revenus pour des millions de ménages.
La question de l’eau dépasse désormais le seul cadre environnemental. Elle est devenue un enjeu économique, social et sécuritaire. La raréfaction des ressources hydriques contribue à l’intensification des conflits liés à l’accès aux terres et aux pâturages dans plusieurs pays sahéliens. Elle favorise également les déplacements de populations et accentue la vulnérabilité des communautés rurales déjà confrontées à l’insécurité alimentaire.
Pour les États africains, le défi consiste à concilier croissance démographique, urbanisation rapide et préservation des ressources naturelles. La population du continent devrait dépasser 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050, selon les projections démographiques internationales. Cette évolution entraînera une augmentation significative de la demande en eau pour les usages domestiques, agricoles, industriels et énergétiques.
Dans ce contexte, le Forum Africain de l’Eau apparaît comme une plateforme de dialogue destinée à renforcer la coopération entre les pays partageant des bassins transfrontaliers et à promouvoir des solutions innovantes. Les investissements dans les infrastructures hydrauliques, la modernisation des systèmes d’irrigation, la réutilisation des eaux usées traitées ainsi que le recours aux technologies numériques figurent parmi les pistes régulièrement évoquées pour améliorer la gouvernance du secteur.
Le choix de N’Djamena pour accueillir cette rencontre revêt également une dimension symbolique. Situé au cœur du bassin du lac Tchad, le pays est directement confronté aux conséquences du changement climatique. Le lac Tchad, qui fait vivre plusieurs dizaines de millions de personnes dans quatre pays riverains, a connu une réduction spectaculaire de sa superficie au cours des dernières décennies, illustrant la fragilité des équilibres environnementaux dans la région.
Au-delà des échanges techniques, les travaux du Forum traduisent une prise de conscience croissante : la sécurité hydrique est désormais indissociable de la stabilité politique, de la sécurité alimentaire et du développement économique du continent. Face à l’ampleur des défis, les participants sont appelés à promouvoir des approches concertées capables de garantir un accès durable à l’eau pour les générations actuelles et futures. Dans une Afrique en pleine transformation, la maîtrise des ressources hydriques s’impose plus que jamais comme un levier stratégique de souveraineté et de prospérité.












