
Un tribunal ivoirien a décidé mardi que le leader de l’opposition et ancien directeur général du Crédit Suisse, Tidjane Thiam, devait être radié des listes électorales parce qu’il était de nationalité française au moment de son inscription, a déclaré son avocat.
Cette décision, qui ne peut faire l’objet d’un appel, pourrait mettre fin aux ambitions de Thiam, né en Côte d’Ivoire, de se présenter à l’élection présidentielle du premier pays producteur de cacao au monde, prévue en octobre.
« Compte tenu de sa nationalité française et conformément à l’article 48 du Code de la nationalité ivoirien, il n’était plus Ivoirien au moment de son inscription sur les listes électorales », a déclaré l’avocat de Thiam à Reuters.
Thiam a déclaré dans un communiqué après la décision qu’il appelle désormais les dirigeants politiques de tous les côtés à s’engager dans des pourparlers pour sortir de l’impasse.
« Les Ivoiriens attendent du système judiciaire qu’il garantisse des élections apaisées, transparentes et crédibles, et non qu’il serve d’instrument à un régime cherchant à s’accaparer le pouvoir et à faire taire ses critiques », a-t-il déclaré.
« Le parti au pouvoir a utilisé les tribunaux pour éliminer son rival le plus sérieux, tout en maintenant l’illusion d’une procédure régulière. … Ne vous y trompez pas, cette décision est un acte de vandalisme démocratique, qui priverait de leurs droits des millions d’électeurs », a-t-il déclaré.
En 2023, Thiam est élu chef du PDCI, l’un des principaux partis d’opposition du pays, ce qui fait de lui un candidat probable à l’élection présidentielle.
Il a renoncé à sa nationalité française en février afin de remplir les conditions d’éligibilité à l’élection et a annoncé qu’il serait candidat. La loi ivoirienne stipule que les candidats doivent être citoyens ivoiriens et ne peuvent détenir une autre nationalité.
Le mois dernier, une décision publiée au Journal officiel français a montré que Thiam avait été déchu de sa nationalité française.










