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Côte d’Ivoire : pourquoi l’orpaillage clandestin reste un défi économique et sécuritaire majeur

photo d'illustration

L’orpaillage clandestin occupe désormais une place centrale dans le débat ivoirien sur la gouvernance des ressources minières. Les autorités ont renforcé les opérations de démantèlement, tandis que le secteur minier légal poursuit sa progression. Entre pertes économiques, atteintes environnementales et enjeux de sécurité, la difficulté tient aussi au contrôle effectif des territoires concernés.

Sur le plan juridique et économique, il importe d’abord de distinguer l’exploitation minière légale de l’orpaillage illégal. Une mine industrielle ou une exploitation artisanale autorisée s’inscrit dans un cadre administratif, technique, fiscal et environnemental défini par l’État. Le cadastre minier et les autorisations permettent d’identifier les périmètres et les opérateurs habilités. En septembre 2025, le gouvernement a lancé un e-cadastre destiné à numériser la chaîne d’octroi et de suivi des titres et autorisations minières. Le Code minier prévoit par ailleurs des mécanismes d’encadrement de l’exploitation artisanale et à petite échelle.

Le poids économique de l’or légal donne la mesure de l’enjeu. Selon le rapport de la Direction générale de la Planification et de l’Économie, les sociétés minières industrielles ont produit 58,40 tonnes d’or en 2024, contre 50,45 tonnes en 2023. Cette production relève d’entreprises opérant dans le cadre des titres miniers délivrés par l’État. En parallèle, le gouvernement cherche à formaliser davantage l’exploitation artisanale, notamment par l’accélération des autorisations et la création de dispositifs destinés aux communautés.

L’orpaillage clandestin se situe précisément en dehors de ce cadre. Le bilan présenté au Conseil national de sécurité en juillet 2026 fait état de plus de 8 500 sites illégaux déguerpis entre 2021 et le premier semestre 2026. Les opérations ont conduit au défèrement de 4 474 personnes, dont 65 % de ressortissants étrangers, ainsi qu’à la saisie de plus de 960 millions de FCFA et d’environ 136 kilogrammes d’or. Malgré ces résultats, le CNS a constaté la persistance, voire l’expansion, du phénomène dans plusieurs régions.

L’enjeu est également territorial. Le démantèlement d’un site ne signifie pas nécessairement la disparition durable de l’activité : la réapparition de chantiers clandestins impose surveillance, coordination administrative et présence des services de l’État. En 2025, trente drones ont ainsi été remis aux directions minières pour renforcer la surveillance.

La dimension environnementale ajoute une contrainte de long terme. Les autorités signalent des terres dégradées, des cours d’eau contaminés et des plans d’eau affectés par les activités clandestines. En février 2026, le gouvernement a notamment évoqué la pollution des lagunes Tendo-Ehy et Aby, tandis qu’une initiative de cartographie et de réhabilitation des terres dégradées a été lancée à Bouaflé en mai.

La réponse ivoirienne combine donc répression, formalisation, surveillance et restauration. Le défi consiste à maintenir cette distinction entre activité minière autorisée et exploitation clandestine, tout en améliorant le contrôle territorial et la capacité de réhabilitation. À mesure que la production légale augmente, l’enjeu n’est plus seulement de produire davantage d’or, mais de garantir que son extraction s’effectue dans un cadre identifiable, contrôlable et conforme aux règles nationales.

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