
Cheick Tidjane Thiam, le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci-Rda), se retrouve au cœur d’une nouvelle polémique judiciaire. Deux membres de son parti: MEY Jean Charles Thomas, enseignant et secrétaire de section du Pdci-Rda de Tanda Ville D, domicilié à Tanda et Gba Golo Patrick, enseignant et secrétaire de section Pdci-Rda de Soba, résidant à Gouiné ont conjointement assigné le parti devant le Tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau. L’audience est programmée pour le jeudi 2 octobre 2025 à 08 heures précises au palais de justice.
La requête vise à contester l’éligibilité de Tidjane Thiam à la présidence du Pdci-Rda et à annuler toutes les décisions des différents congrès l’ayant désigné ès qualité. Pour ce faire, les assignataires invoquent l’article 8 de la loi n° 93-668 du 9 août 1993 relative aux partis politiques et groupements politiques ainsi que l’article 41 des statuts du Pdci-Rda, qui énumère les conditions pour accéder à la présidence du parti. Ils s’appuient également sur l’article 48 du code de la nationalité ivoirienne, stipulant que « perd la nationalité ivoirienne, l’Ivoirien majeur qui acquiert volontairement une nationalité étrangère, ou qui déclare reconnaître une telle nationalité ».
Du côté des soutiens de Tidjane Thiam, cette « énième » action judiciaire est perçue comme un harcèlement politique destiné à entraver sa carrière, notamment depuis qu’il a exprimé sa volonté de briguer la magistrature suprême. « C’est une manœuvre qui fragilise notre parti et notre candidat, Thiam. cette assignation en destitution apparaît orchestrée pour semer le doute sur son intégrité », a déclaré un membre influent du Pdci-Rda, souhaitant rester anonyme.
L’une des figures clés de cette assignation, c’est bien Gba Golo Patrick qui fait l’objet de critiques internes. Selon Gogbe Mbazia Emile, coordonnateur de la jeunesse du Pdci-Rda dans la circonscription de Biankouma qui supervise la section de Soba : « Monsieur Gba Golo Patrick ne figure pas dans le fichier officiel des militants de Soba. Il ne possède ni carte de militant ni légitimité reconnue pour agir en qualité de secrétaire de section. » Les soutiens de Tidjane Thiam estiment alors que cette assignation pourrait être manipulée par des forces extérieures au parti, dans le but de fragiliser sa position politique.
Alors que le parti se prépare à cette audience cruciale, l’affaire pose la question du rôle de la justice dans les conflits internes des partis politiques ivoiriens et souligne les tensions croissantes autour des ambitions présidentielles de Cheick Tidjane Thiam. La décision du tribunal sera scrutée de près, tant par les militants que par les observateurs de la scène politique nationale.










