
Une déclaration inhabituelle agite depuis peu les cercles politiques et spirituels en Côte d’Ivoire. Le consultant spirituel Anzouan, connu pour ses interventions ésotériques dans les affaires nationales, a affirmé le weekend dernier au cours d’une interview, que Tidjane Thiam, actuellement exilé en France et radié de la liste électorale, succédera néanmoins au président sortant Alassane Ouattara.
Cette prédiction, formulée lors d’une interview qu’il nous a accordé à Grand-Bassam, une ville balnéaire située en périphérie du District d’Abidjan, provoque pour le moins, un mélange de scepticisme, d’intérêt et de débat au sein de l’opinion publique. Anzouan, qui se présente comme un « interprète des signes de la destinée nationale », soutient que « l’ordre divin prime sur l’ordre administratif » et que la trajectoire politique du banquier Tidjane Thiam, actuellement en exil en France, serait en train de s’accomplir « par des voies que l’homme ordinaire ne peut comprendre ni anticiper ».
Tidjane Thiam, banquier, ancien ministre du Plan et ex-directeur général de Crédit Suisse, a récemment été au cœur de l’actualité dans son pays après l’annonce de sa radiation de la liste électorale définitive par la Commission Électorale Indépendante (CEI), en raison d’un contentieux judiciaire lié à sa double nationalité: ivoirienne et française. Cette situation a alimenté diverses spéculations sur sa possible mise à l’écart du jeu électoral pour la présidentielle 2025, alors même qu’il est considéré comme une figure majeure de la scène politique nationale.
Face à cette exclusion, ses soutiens ont dénoncé une manœuvre politique, alors que les partisans du président sortant, Alassane Ouattara ont appelé à la sérénité et au respect du droit. Dans ce contexte d’équilibre des opinions, les propos d’Anzouan viennent ajouter une dimension inattendue au débat, plaçant la foi et la prophétie au centre des débats et de l’analyse politique.
Interrogé sur les fondements de sa prédiction, Anzouan a refusé de livrer les détails de sa révélation, se contentant d’affirmer que « les signes sont clairs pour ceux qui savent lire les signes du Ciel ». Il n’a cependant pas précisé par quel mécanisme l’opposant Tidjane Thiam pourrait accéder à la magistrature suprême, en dépit des barrières institutionnelles actuelles dont il fait face.
La classe politique, pour sa part, n’a pas officiellement réagi à cette sortie spirituelle. Du côté du PDCI, aucun commentaire n’a été émis alors que des proches du pouvoir estiment en privé, qu’il s’agit d’une diversion politique « sans impact sur le processus républicain ».
Ce n’est pas la première fois qu’un acteur spirituel intervient dans le champ politique ivoirien. La société, imprégnée de traditions et de croyances diverses, reste réceptive à ce type d’annonces, bien que leur influence effective sur les décisions d’État reste difficile à quantifier.
À mesure que l’échéance électorale de 2025 approche, les déclarations similaires à celle d’Anzouan rappellent à quel point la politique ivoirienne se joue à la fois sur le terrain institutionnel et dans les imaginaires collectifs. Entre droit, foi, spiritualité et stratégie, l’avenir politique du pays reste ouvert à toutes les interprétations en attendant la levée du suspense par le président Ouattara qui se devra se prononcer s’il rempile ou non pour un quatrième mandat.










