
Présent à Abidjan pour le 6ᵉ Congrès du Collège Ouest-Africain de Stomatologie et de Chirurgie Maxillo-Faciale (COSA-CMF), Dr NDJOH Jules Julien, spécialiste en implantologie orale et chef du département d’implantologie-parodontologie-prothèse de la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales de l’Université de Yaoundé 1, partage sa vision d’une médecine bucco-dentaire ancrée dans les réalités africaines. Dans un entretien qu’il nous accordé en marge des travaux, le président de l’Association pour la Promotion de l’Implantologie et de la Dentisterie Clinique (APIDEC) revient sur les priorités scientifiques du congrès, les obstacles structurels des systèmes de santé et l’importance stratégique de la formation universitaire et de la recherche locale.
Pourquoi avoir fait le déplacement du Cameroun pour ce 6ᵉ congrès du COSA-CMF à Abidjan ?
Je suis venu avec la conviction que l’Afrique doit construire sa propre dynamique scientifique. Les pathologies bucco-dentaires et maxillo-faciales sont un vrai problème de santé publique, mais encore sous-priorisées. Ce congrès permet aux experts africains d’échanger des solutions adaptées à nos réalités, de renforcer les collaborations entre pays et de promouvoir une recherche produite par et pour nos populations.
Quel axe scientifique portez-vous à ce congrès en odonto-stomatologie et chirurgie maxillo-faciale ?
Je travaille sur des approches chirurgicales plus respectueuses des tissus, notamment en implantologie orale et en parodontologie. L’idée est d’améliorer la cicatrisation, de réduire les complications et d’adapter les protocoles aux contextes africains. Je défends aussi une pratique fondée sur des preuves scientifiques issues de nos propres recherches locales.
Quels sont les grands défis des systèmes de santé africains dans ce domaine ?
Le principal défi est l’accès aux soins spécialisés, encore trop concentrés dans les grandes villes. Il y a aussi un manque de spécialistes formés et des difficultés liées au coût des traitements et à l’équipement. Tout cela retarde souvent la prise en charge des patients.
Quel rôle jouent la formation universitaire et la recherche ?
Elles sont essentielles. Les universités forment les spécialistes de demain, et la recherche permet d’adapter les traitements à nos réalités locales. En reliant formation, recherche et hôpitaux, on améliore directement la qualité des soins offerts aux patients.










