
Les récentes déclarations d’Adama Bictogo dans les médias français continuent de susciter un vif émoi au sein du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP). Président de l’Assemblée nationale et figure majeure du parti au pouvoir, Adama Bictogo est désormais attendu de pied ferme à Abidjan, où plusieurs cadres du parti expriment ouvertement leur malaise, voire leur incompréhension, face à ses propos tenus hors des frontières nationales.
Lors de ses interventions sur plusieurs chaînes de télévision et dans des entretiens accordés à la presse écrite française, le maire de Yopougon s’est livré à une série d’analyses sur l’état de la démocratie en Côte d’Ivoire, la gouvernance actuelle, ainsi que sur les perspectives de la succession du président Alassane Ouattara. Sans remettre en cause de manière frontale la ligne directrice du parti, ses propos ont néanmoins été perçus par certains comme des prises de distance inhabituelles, voire comme une volonté de se positionner dans la perspective des échéances électorales de 2025.
À Abidjan, les réactions n’ont pas tardé. Notre source indique que plusieurs cadres du parti au pouvoir (Rhdp), à l’instar du président du directoire Koné Kafana, Cissé Bacongo et autres, se sont retrouvés en urgence, surpris de cette sortie médiatique. Certains ont même évoqué une faute de méthode dans un contexte politique qu’ils jugent déjà assez sensible.
« Il est tout à fait légitime que le président de l’Assemblée nationale prenne la parole à l’international, mais il est aussi important que les grandes orientations soient discutées d’abord en interne, dans le cadre du parti », a confié, sous couvert d’anonymat, un membre influent du parti, travaillant dans un cabinet ministériel.
Pour l’heure, Adama Bictogo n’a pas encore réagi aux remous que ses propos ont dû provoqués dans son propre camp. Son retour en Côte d’Ivoire, annoncé pour très bientôt, est particulièrement attendu alors des réunions à huis clos pourraient avoir lieu dès son arrivée, selon notre source.
Cette séquence, qui intervient à un moment charnière pour le Rhdp engagé dans la préparation de campagne pour la présidentielle 2025, met en lumière les dynamiques internes et les positionnements individuels qui commencent à s’esquisser dans la perspective de l’après-Ouattara. Le chef de l’État, pour sa part, n’a pas officiellement commenté cette affaire autant qu’il ne s’est toujours pas prononcé s’il compte rempiler ou non pour un quatrième mandat.
En attendant, la scène politique ivoirienne reste suspendue à ce retour annoncé, qui promet d’être scruté de près, tant par les partisans du Rhdp que par l’opposition.










