
Le groupe énergétique français TotalEnergies a annoncé, lundi 13 avril, une nouvelle découverte d’hydrocarbures au large de la République du Congo. Réalisée dans le cadre d’une campagne de forage visant à étendre le champ de Moho, cette découverte renforce le potentiel pétrolier offshore du pays. Elle s’inscrit dans une dynamique de relance des investissements des majors en Afrique centrale. Selon les premières estimations, les ressources récupérables cumulées approchent les 100 millions de barils.
La découverte concerne le puits baptisé Moho G, foré en offshore profond à environ 80 kilomètres des côtes de Pointe-Noire. Selon les informations communiquées par l’opérateur, le forage a mis en évidence une colonne d’hydrocarbures (pétrole et gaz) d’une hauteur de 160 mètres, confirmant le potentiel significatif du gisement.
Cette nouvelle trouvaille s’ajoute à une précédente découverte sur le même permis, dénommée Moho H. Ensemble, les deux accumulations représenteraient près de 100 millions de barils de ressources récupérables, un volume non négligeable à l’échelle de l’économie pétrolière congolaise.
Le champ de Moho constitue déjà un actif stratégique majeur pour TotalEnergies en Afrique centrale. Mis en production dans sa phase la plus récente en 2017 avec le projet Moho Nord, il est aujourd’hui le plus important projet pétrolier du pays, avec une production avoisinant 90 000 barils équivalent pétrole par jour grâce à deux unités flottantes de production.
D’un point de vue opérationnel, la proximité des nouvelles découvertes avec les infrastructures existantes constitue un avantage déterminant. Le groupe prévoit ainsi un développement dit « en tie-back », consistant à relier les nouveaux puits aux installations déjà en place. Cette approche permet de réduire significativement les coûts d’investissement et les délais de mise en production, renforçant la rentabilité du projet.
Sur le plan capitalistique, TotalEnergies opère le permis Moho avec une participation de 63,5 %, aux côtés de Trident Energy (21,5 %) et de la Société nationale des pétroles du Congo (15 %). Cette configuration illustre le rôle central du groupe français dans l’exploitation des hydrocarbures congolais, où il représente une part significative de la production nationale.
Au-delà du cas congolais, cette découverte s’inscrit dans une tendance plus large de repositionnement des majors pétrolières en Afrique. Face à l’épuisement progressif de certains bassins matures et aux incertitudes géopolitiques dans d’autres régions, le golfe de Guinée apparaît comme une zone d’opportunités, notamment en offshore profond, où les coûts techniques sont compensés par des volumes potentiellement élevés.
La découverte de Moho G confirme le dynamisme du secteur pétrolier congolais et renforce la position de TotalEnergies comme acteur clé dans la région. Si les volumes annoncés restent modestes à l’échelle mondiale, ils pourraient néanmoins contribuer à soutenir les recettes du pays et à prolonger la durée de vie du champ de Moho. À moyen terme, ces développements illustrent la persistance de l’intérêt stratégique pour les hydrocarbures africains, malgré la transition énergétique en cours.










