
Les électeurs centrafricains ont entamé ce dimanche les élections générales qui incluent le scrutin présidentiel, législatif, municipal et régional. Ces élections interviennent dans un contexte marqué par une stabilité relative, après des années de conflits armés. Le président sortant, Faustin-Archange Touadéra, âgé de 68 ans, se présente pour un troisième mandat consécutif et apparaît comme le grand favori, mettant en avant les progrès réalisés en matière de sécurité et de stabilité depuis son arrivée au pouvoir en 2016.
Quelque 2,3 millions d’électeurs sont appelés à se rendre aux urnes pour ces élections simultanées. Le président Touadéra a, dans sa campagne, mis en avant les avancées en matière de pacification du pays, bien que son mandat précédent ait été marqué par des accusations de fraude lors du scrutin de 2020. Une nouvelle Constitution adoptée en 2023, permettant au président de briguer un troisième mandat, a également alimenté les critiques de l’opposition.
La campagne électorale a été relativement calme, à l’exception de l’interdiction imposée à deux figures de l’opposition, Anicet-Georges Dologuélé et Henri-Marie Dondra, d’effectuer des déplacements en province. Ces interdictions ont été perçues comme une tentative de limiter la portée de leurs campagnes. Dologuélé, qui est arrivé en seconde position lors des deux dernières élections, est considéré comme le principal rival de Touadéra, tout comme Dondra, ancien Premier ministre de Touadéra, désormais candidat sous l’étiquette de l’Union Républicaine (UNIR).
Les résultats provisoires du scrutin présidentiel devraient être annoncés le 5 janvier. L’opposition, qui dénonce une « mascarade » et une absence de dialogue politique, a décidé de boycotter les élections. Cette contestation a conduit à une situation de polarisation accrue entre le pouvoir en place et les forces d’opposition. La mobilisation des électeurs reste cependant un enjeu majeur pour ce scrutin, dans un pays où la confiance envers le processus électoral a souvent été mise à mal par des irrégularités passées.
La présidentielle, bien que marquée par la présence de candidats crédibles, semble se jouer entre Faustin-Archange Touadéra et ses challengers, avec un enjeu de taille : le maintien ou le changement de direction dans un pays encore fragile, après plus d’une décennie de conflits internes. Le scrutin pourrait être décisif pour l’avenir politique de la République Centrafricaine.









