
Le général sénégalais Birame Diop a officiellement pris ses fonctions à la présidence de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). La cérémonie s’est tenue au siège de l’organisation à Abuja, au Nigeria, alors que l’institution régionale traverse une période de profondes recompositions politiques et sécuritaires. Son mandat de quatre ans, prévu jusqu’en 2030, intervient après celui du Gambien Omar Alieu Touray.
La désignation de Birame Diop avait été arrêtée le 19 juillet 2026, lors de la 69e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO à Freetown, en Sierra Leone. L’organisation avait alors fixé au 1er septembre la date de son entrée en fonction. Le général sénégalais succède ainsi à Omar Alieu Touray, dont le mandat de quatre ans est arrivé à son terme en juillet.
Ancien ministre sénégalais des Forces armées, ancien chef d’état-major général des armées du Sénégal et ancien conseiller du secrétaire général des Nations unies, Birame Diop arrive à la tête de la Commission avec une expérience principalement liée aux questions de défense, de sécurité et de coopération internationale. La CEDEAO le présente désormais officiellement comme son président de Commission.
Sa prise de fonction intervient surtout dans un contexte institutionnel inédit pour l’organisation. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont quitté la CEDEAO le 29 janvier 2025 et ont constitué, avec le Niger, l’Alliance des États du Sahel. Cette évolution a modifié le périmètre de l’organisation et pose notamment la question du maintien des échanges avec ces trois pays, de la circulation des personnes et des marchandises et de la coopération régionale.
Les dossiers économiques figurent également parmi les priorités annoncées pour cette nouvelle période. Avant son entrée en fonction, Birame Diop avait évoqué la monnaie communautaire Éco, l’amélioration du versement des prélèvements communautaires et la fluidification de la libre circulation des personnes et des biens. La question du financement constitue un enjeu concret pour la capacité de la Commission à mettre en œuvre ses programmes.
Sur le plan sécuritaire, la coopération entre États membres, la lutte contre le terrorisme, la consolidation de la paix et le renforcement des mécanismes régionaux figurent également parmi les dossiers associés à son mandat. La CEDEAO avait par ailleurs placé les questions de sécurité, d’intégration, de coopération et de solidarité au cœur des discussions de son sommet de juillet.
L’arrivée de Birame Diop ouvre donc un nouveau cycle pour la Commission de la CEDEAO. Le mandat 2026-2030 devra être observé à travers les décisions concrètes prises sur la sécurité, l’intégration économique, la mobilité régionale, le financement communautaire et les relations avec les pays sortis de l’organisation. Ces éléments permettront de mesurer, au fil du temps, la capacité de la CEDEAO à maintenir ses mécanismes d’intégration dans un espace ouest-africain désormais recomposé.










