
Le dispositif militaire américain pourrait connaître un renforcement significatif dans le nord du Cameroun avec le retour annoncé d’une présence opérationnelle à la base de Salak, dans la région de l’Extrême-Nord. Cette évolution s’inscrit dans le cadre d’un appui en renseignement, surveillance et reconnaissance (ISR) destiné aux forces armées camerounaises engagées dans la lutte contre les groupes armés insurgés actifs dans le bassin du lac Tchad, notamment Boko Haram et sa branche dissidente, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Ce repositionnement marque une nouvelle étape dans la coopération sécuritaire entre Yaoundé et Washington, après plusieurs années de retrait relatif des opérations de drones sur le territoire camerounais.
Selon les informations disponibles, les États-Unis avaient déjà établi une infrastructure similaire dans le nord du Cameroun, notamment à Garoua, où une base de drones avait été construite en 2015. Ce site servait alors de centre avancé de collecte de renseignements grâce à l’utilisation de drones MQ-1 Predator. Ces appareils permettaient de suivre les déplacements des groupes armés, d’identifier leurs camps et de soutenir les opérations terrestres des forces camerounaises dans une zone marquée par une insécurité persistante. À son apogée, ce dispositif avait contribué à structurer une architecture régionale de surveillance aérienne dans le cadre de la lutte antiterroriste.
Le retour envisagé à Salak intervient dans un contexte sécuritaire toujours fragile dans l’Extrême-Nord du Cameroun, région frontalière du Nigeria et du Tchad, régulièrement exposée à des incursions armées, des enlèvements et des attaques contre les civils et les positions militaires. Les groupes Boko Haram et ISWAP continuent d’y mener des opérations sporadiques, malgré les offensives conjointes des armées de la région regroupées au sein de la Force multinationale mixte du bassin du lac Tchad. Cette dynamique sécuritaire entretient un besoin constant de renseignement opérationnel et de surveillance aérienne, considéré comme un levier essentiel pour anticiper les mouvements insurgés.
La base de Salak, déjà connue pour abriter des unités spécialisées dans la lutte contre le terrorisme, pourrait ainsi redevenir un point stratégique de coordination pour les opérations ISR américaines. Ce type de coopération repose généralement sur l’échange de données, l’imagerie aérienne et l’analyse des mouvements suspects, permettant d’améliorer la réactivité des forces engagées sur le terrain. Dans un environnement marqué par la mobilité des groupes armés et la complexité des frontières poreuses, ces capacités sont souvent présentées comme déterminantes pour contenir les menaces asymétriques.
Sans annonce officielle détaillant les modalités précises de ce retour, cette évolution s’inscrit néanmoins dans la continuité des partenariats sécuritaires entre les États-Unis et plusieurs pays d’Afrique centrale et sahélienne. Elle illustre également la persistance des enjeux liés à la lutte contre le terrorisme dans le bassin du lac Tchad, où les dynamiques insurgées restent actives malgré les efforts militaires régionaux.
En définitive, la réactivation d’un dispositif américain à Salak, si elle se confirme, traduirait une volonté de renforcer la surveillance aérienne et le partage de renseignement au Cameroun, dans une zone où les défis sécuritaires demeurent structurants pour la stabilité régionale.










