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Cameroun-présidentielle 2025 : début de campagne électorale timide sur fond de division de l’opposition

photo d'illustration

Ce samedi 27 septembre 2025 marque le coup d’envoi officiel de la campagne électorale pour la présidentielle prévue le 12 octobre au Cameroun. Pendant deux semaines, le pays sera rythmé par les meetings, promesses et slogans des différents candidats. Mais dès cette première journée, un constat s’impose : si le président sortant Paul Biya, 93 ans et au pouvoir depuis plus de quatre décennies, se lance sereinement dans la course pour un huitième mandat consécutif, l’opposition, elle, apparaît plus fragmentée que jamais.

À Douala, capitale économique, la campagne débute dans une atmosphère timide. Contrairement à 2018, où les affiches rivalisaient sur les grands murs et panneaux publicitaires, l’espace visuel reste dominé par le président sortant. Peu de signes de mobilisation populaire sont visibles, renforçant l’impression d’un duel inégal. Pourtant, dans d’autres villes, l’effervescence est palpable : à Yaoundé, le candidat de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC), Tomaïno Ndam Njoya, va lancer sa campagne dès ce matin au stade Omnisports Ahmadou Ahidjo. À Bamenda, fief historique de l’opposition anglophone, Joshua Osih du Social Democratic Front (SDF) a choisi Commercial Avenue pour mobiliser ses partisans. Le Front Démocrate Camerounais (FDC) de Samuel Hiram Iyodi et le PURS de Serge Espoir Matomba ont également donné le ton depuis Garoua et Ndikiniméki.

Cette pluralité d’initiatives illustre à la fois la vitalité démocratique et la limite structurelle de l’opposition camerounaise : son incapacité à parler d’une seule voix. Depuis les premières élections pluralistes des années 1990, les partis n’ont jamais réussi à former un front commun contre le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC). Les querelles de leadership, les rivalités régionales et l’absence d’un projet politique fédérateur entretiennent une dispersion qui, inévitablement, profite au président sortant.

Pour de nombreux observateurs, cette division fragilise le processus démocratique. Elle réduit les chances d’alternance, malgré une demande sociale de plus en plus pressante, notamment parmi la jeunesse, confrontée au chômage et aux difficultés économiques. Si les meetings des partis d’opposition témoignent d’un certain dynamisme, leur incapacité à s’unir laisse entrevoir un scénario familier : une opposition éclatée face à un appareil d’État solidement ancré.

À l’approche du scrutin du 12 octobre, le Cameroun s’apprête donc à vivre une nouvelle séquence électorale aux allures de déjà-vu. La démocratie pluraliste est bien inscrite dans le paysage institutionnel, mais sa mise en pratique se heurte encore au poids du pouvoir en place et à la fragmentation chronique de ses challengers. Reste à savoir si, cette fois encore, l’histoire se répétera.

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