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Cameroun : plus de 200 sociétés minières illégales identifiées dans le secteur de l’or

photo d'illustration

Les autorités camerounaises affirment avoir identifié plus de 200 sociétés impliquées dans l’exploitation artisanale illégale de l’or, principalement dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua. Cette opération intervient après la mise en évidence d’importants écarts entre les exportations officielles d’or du pays et les volumes déclarés par certains partenaires commerciaux. Le gouvernement évoque désormais un vaste système de contrebande échappant aux circuits réglementaires.

Le gouvernement camerounais renforce son discours sur la lutte contre l’exploitation illégale des ressources minières. Dans un communiqué publié mercredi, le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique a indiqué qu’une enquête menée dans le secteur aurifère a permis d’identifier plus de 200 sociétés opérant illégalement dans l’exploitation artisanale de l’or.

Selon les autorités, ces entreprises sont principalement installées dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua, deux zones reconnues pour leur potentiel aurifère. Le ministère précise également que plus de 95 % des sociétés concernées appartiendraient à des ressortissants étrangers, dont plusieurs exploitants chinois présents dans les sites miniers artisanaux.

Cette enquête a été déclenchée après la découverte d’importantes incohérences dans les statistiques liées à la production et aux exportations d’or du Cameroun. Les données publiées par l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) pour l’année 2023 montrent que le pays a officiellement produit 953 kilogrammes d’or, avec seulement 22,3 kilogrammes exportés par les circuits déclarés.

Dans le même temps, plusieurs pays importateurs, notamment les Émirats arabes unis, ont déclaré avoir reçu environ 15,2 tonnes d’or en provenance du Cameroun durant la même période. Cet écart considérable alimente les soupçons d’un système de fraude, de contrebande et d’exportations parallèles échappant au contrôle de l’administration.

Les autorités camerounaises estiment qu’une partie importante de la production aurifère nationale transite ainsi par des réseaux informels avant d’être exportée hors du pays sans enregistrement officiel. Cette situation représente un manque à gagner significatif pour les finances publiques, dans un contexte où le gouvernement cherche à accroître les recettes issues du secteur minier.

À la suite des conclusions de l’enquête, le ministère des Mines a ordonné la cessation immédiate des activités des sociétés identifiées. Toutefois, aucune information n’a été communiquée à ce stade concernant d’éventuelles sanctions administratives, poursuites judiciaires ou expulsions d’exploitants étrangers impliqués dans ces opérations.

Le Cameroun tente depuis plusieurs années de mieux encadrer l’exploitation minière artisanale, souvent accusée de favoriser la fraude fiscale, la dégradation environnementale et l’insécurité dans certaines localités. En 2023, les autorités ont adopté un nouveau code minier destiné à renforcer la gouvernance du secteur et à améliorer la traçabilité des ressources extractives.

Cependant, plusieurs analystes et chercheurs spécialisés dans les industries extractives estiment que les réformes engagées restent limitées par des problèmes structurels. Ils évoquent notamment la corruption, la faiblesse des mécanismes de contrôle et l’influence de certains réseaux économiques et politiques dans l’exploitation des ressources naturelles.

La révélation de ces nouvelles données pourrait ainsi relancer le débat sur la gouvernance minière au Cameroun et sur la capacité des autorités à contrôler efficacement un secteur stratégique pour l’économie nationale.

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