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Cameroun : le chef d’état-major des armées, figure emblématique de l’appareil sécuritaire, est décédé à l’âge de 87 ans

Photo d'illustration

Le chef d’état-major des armées camerounaises, le général René Claude Victor Meka, est décédé ce samedi 9 mai à l’âge de 87 ans, selon un rapport de sécurité du ministère camerounais de la Défense. Le document indique que le haut gradé est mort après environ 72 heures d’hospitalisation à l’hôpital universitaire de Yaoundé. Contactée par Lopinionplus, une source militaire a confirmé l’information sans fournir davantage de détails.

Cette disparition intervient dans un contexte particulier pour les forces de défense camerounaises, marqué par le décès, la veille, d’un autre officier général, Philippe Mpay. Ces pertes successives mettent en lumière le vieillissement de l’élite militaire et sécuritaire du Cameroun, dont plusieurs figures occupent des postes stratégiques depuis plusieurs décennies.

Né en 1939, René Claude Victor Meka aura passé l’essentiel de sa carrière au sein des forces armées camerounaises. Il occupait le poste de chef d’état-major des armées depuis septembre 2001, soit près d’un quart de siècle à la tête de l’appareil militaire. Cette longévité faisait de lui l’un des plus anciens responsables militaires en fonction sur le continent africain.

Surnommé « Casque blanc » dans certains cercles militaires et politiques par imitation à l’appellation des forces de maintien de la paix de l’Union africaine (UA), le général Meka a traversé plusieurs périodes majeures de l’histoire sécuritaire contemporaine du Cameroun. Sous son commandement, l’armée a été engagée dans la lutte contre Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord, notamment à partir de 2014. Le conflit avait provoqué des milliers de morts et le déplacement de centaines de milliers de civils autour du bassin du lac Tchad, selon des estimations des Nations unies.

Le général Meka a également été associé à la gestion des tensions autour de la presqu’île de Bakassi, territoire riche en ressources pétrolières longtemps disputé entre le Cameroun et le Nigeria avant sa rétrocession officielle à Yaoundé en 2008. Plus récemment, il supervisait encore les opérations militaires liées à la crise anglophone qui secoue les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 2016. Ce conflit interne a causé plus de 6 000 morts et entraîné le déplacement de près d’un million de personnes, d’après plusieurs organisations humanitaires internationales.

Certaines sources et récits politiques évoquent également le rôle qu’aurait joué René Claude Victor Meka dans les équilibres internes du pouvoir camerounais à la fin des années 1980. Des observateurs rappellent qu’il aurait été impliqué dans des tensions politico-militaires ayant finalement débouché sur une réconciliation avec le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982. Ces épisodes demeurent toutefois peu documentés officiellement.

Au moment de la publication de cet article, aucune communication officielle détaillée n’avait encore été diffusée par le gouvernement camerounais sur les circonstances exactes du décès ni sur les dispositions protocolaires liées aux obsèques.

La disparition du général René Claude Victor Meka ouvre néanmoins une nouvelle séquence d’interrogations autour du renouvellement de la haute hiérarchie militaire camerounaise, dans un contexte régional encore marqué par des défis sécuritaires persistants.

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