
Un tournant majeur dans la course à l’élection présidentielle de 2025 au Cameroun. Le Conseil constitutionnel a rejeté ce mardi la candidature de Maurice Kamto pour le compte du parti MANIDEM, mettant fin aux espoirs de l’opposant de figurer sur la ligne de départ du scrutin prévu pour octobre prochain.
Réuni en audience publique à Yaoundé, l’organe en charge de valider les candidatures a justifié sa décision par des « irrégularités substantielles » relevées dans le dossier soumis par le candidat. Selon le communiqué officiel du Conseil, le parti MANIDEM aurait investi deux candidats à la fois à l’élection présidentielle du 12 octobre prochain. La multiplicité d’investiture aurait donc motivé le juge constitutionnel à invalider les deux candidatures du même parti.
Maurice Kamto, qui avait déjà été candidat à la présidentielle de 2018, avait officiellement déposé son dossier de candidature le 25 juillet dernier, affirmant vouloir proposer une « alternative démocratique » au pouvoir en place. Son rejet suscite déjà de vives réactions au sein de l’opposition et d’une partie de la société civile.
Dans un point de presse tenu quelques heures après l’annonce, Maurice Kamto a dénoncé une décision « politique » et affirmé que son exclusion « vise à museler toute voix dissidente dans le pays ». Il a également indiqué qu’il entendait utiliser « toutes les voies légales » pour contester la décision, sans pour autant préciser s’il saisirait les juridictions internationales.
Du côté du pouvoir, les réactions restent mesurées. Des membres du parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), évoquent un processus « conforme à la loi » et appellent les candidats à « respecter les institutions républicaines ».
Cette décision intervient dans un contexte politique tendu, à quelques semaines du lancement officiel de la campagne électorale. Déjà, plusieurs figures majeures de l’opposition avaient vu leur candidature recalée pour des raisons similaires. La liste définitive des candidats autorisés à participer à l’élection présidentielle doit être rendue publique d’ici la fin de la semaine.
L’exclusion de Maurice Kamto, figure emblématique de l’opposition camerounaise, pourrait profondément reconfigurer le paysage électoral et raviver les débats sur l’ouverture démocratique dans le pays.
Pour l’heure, le climat reste calme, mais les prochaines heures seront scrutées avec attention par les observateurs nationaux et internationaux.










