
Depuis la Gambie, l’opposant camerounais Issa Tchiroma Bakary a publié un message à l’occasion de la fête nationale du 20 mai. Il conteste une nouvelle fois les résultats de la présidentielle du 12 octobre 2025 et accuse les institutions électorales de partialité. Son intervention intervient dans un contexte politique tendu au Cameroun.
Dans une déclaration diffusée à distance et via les réseaux sociaux, Issa Tchiroma Bakary, candidat malheureux à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, actuellement réfugié en Gambie selon ses proches, est revenu sur la signification de la fête de l’unité nationale célébrée chaque 20 mai dans son pays.
Dans cette correspondance, l’opposant affirme qu’en cas de « transparence électorale », il aurait présidé les cérémonies officielles en tant que président élu. Il réitère ainsi sa vive contestation des résultats de la présidentielle du 12 octobre 2025, remportée par le chef de l’État sortant Paul Biya, 93 ans.
Dans son message, il accuse la Commission électorale et le Conseil constitutionnel d’avoir « confisqué la volonté populaire », évoquant une instrumentalisation des institutions électorales. Il appelle également à une mobilisation politique contre ce qu’il qualifie de dérive institutionnelle. L’ancien ministre rend par ailleurs hommage aux victimes de la crise post-électorale, évoquant des morts et des personnes emprisonnées à la suite des tensions politiques.
Sur le plan institutionnel, il critique avec véhémence la récente réforme constitutionnelle introduisant un poste de vice-président nommé, qu’il considère comme un facteur de concentration du pouvoir. Le message aborde également la question de la crise dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, appelant à un dialogue politique élargi et à une éventuelle consultation référendaire sur la forme de l’État.
Enfin, Issa Tchiroma Bakary s’adresse aux forces de défense et de sécurité, les exhortant à rester, selon lui, fidèles à la souveraineté populaire plutôt qu’aux autorités en place qu’il juge illégitime.
Cette prise de parole, diffusée depuis l’étranger, s’inscrit dans la continuité des tensions politiques post-électorales au Cameroun. Elle relance les débats sur la légitimité du scrutin et la stabilité institutionnelle du pays, alors que les autorités n’ont pas encore réagi officiellement à ce nouveau message.












