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Cameroun : cinq entreprises chinoises retenues pour la construction du tronçon routier Garoua-Ngaoundéré

photo d'illustration


Au Cameroun, la question des infrastructures routières reste au cœur des débats, tant les défaillances du réseau pèsent sur le quotidien des populations et sur l’économie nationale. Dans ce contexte, le gouvernement vient d’annoncer la sélection de cinq entreprises chinoises pour la réalisation du tronçon routier Garoua-Ngaoundéré, long de 278 kilomètres, pour un coût estimé à 221,6 milliards de FCFA.

Ce projet, qui s’inscrit dans le cadre du Programme national de développement (PND)des infrastructures, revêt une importance stratégique. L’axe Garoua-Ngaoundéré constitue en effet une artère vitale du corridor Douala-N’Djamena, reliant le Cameroun au Tchad et, au-delà, aux marchés de l’Afrique centrale. L’état actuel de cette route, marqué par des dégradations avancées, freine les échanges commerciaux, accroît les coûts de transport et met en péril la sécurité des usagers.

L’implication des entreprises chinoises n’est pas une surprise. Depuis deux décennies, Pékin s’impose comme un partenaire majeur dans les grands travaux camerounais, avec des réalisations visibles dans les secteurs routier, énergétique et portuaire. Toutefois, cette domination suscite des interrogations sur la transparence des marchés publics et la durabilité des ouvrages livrés. Plusieurs projets antérieurs, confiés à des firmes étrangères, ont souffert de malfaçons ou de retards, souvent imputés à une gouvernance affaiblie par la corruption.

Dans un pays où les classements internationaux pointent régulièrement la mauvaise gestion des ressources publiques, la vigilance s’impose. Les experts rappellent que le coût colossal du chantier, plus de 220 milliards de FCFA, nécessite non seulement un suivi rigoureux, mais aussi des mécanismes de reddition de comptes pour éviter les surfacturations et détournements. « Chaque franc doit être investi dans la qualité et la durabilité, car cette route est un levier de développement pour le Grand Nord et un facteur de compétitivité pour toute la sous-région », estime un économiste basé à Yaoundé.

Au-delà des enjeux économiques, la réussite de ce projet pourrait envoyer un signal fort : celui d’un État capable de rompre avec les pratiques de gestion opaques et de mettre en œuvre des infrastructures au service des citoyens. Mais si les démons de la corruption et de l’improvisation reprennent le dessus, la route Garoua-Ngaoundéré risque de devenir un symbole supplémentaire des occasions manquées.

Les travaux devraient débuter dans les prochains mois. Entre espoirs et scepticismes, les regards restent tournés vers ce chantier dont dépend en partie l’avenir de la connectivité routière au Cameroun.


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