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Burkina : le parlement de transition adopte une loi réprimant les comportements jugés favorables aux pratiques LGBTQ

photo d'illustration

Au Burkina Faso, le parlement de transition a annoncé lundi avoir adopté une nouvelle loi qui interdit désormais les comportements considérés comme favorisant les pratiques LGBTQ. L’annonce a été faite par le ministre de la Justice via la télévision d’Etat, qui a précisé que le texte introduit un arsenal de sanctions allant des amendes aux peines d’emprisonnement.

Selon les autorités, cette mesure vise à « préserver les valeurs sociales et culturelles » du pays, dans un contexte où plusieurs nations africaines durcissent leur position face aux revendications de la communauté des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBTQ). Les débats à l’Assemblée ont tous été marqués par un large soutien des parlementaires, reflet d’une opinion publique réticente à l’égard de ces pratiques.

La loi prévoit que toute personne reconnue coupable d’actes ou de propos jugés comme une promotion ou une incitation à l’homosexualité pourra être poursuivie en justice. Les peines vont de deux à cinq ans d’emprisonnement et une amende, a déclaré lundi soir à la télévision d’Etat, le ministre de la Justice Edasso Rodrigue Bayala.

Si les partisans de ce texte y voient un outil de protection de la « cohésion sociale », ses détracteurs, notamment dans les organisations de défense des droits humains, y voient une menace pour les libertés fondamentales. Amnesty International et Human Rights Watch dénoncent régulièrement ce type de législation dans la région, estimant qu’elle renforce la stigmatisation et ouvre la voie à des abus.

Cette décision de l’Etat burkinabè s’inscrit dans une tendance continentale : de l’Ouganda au Ghana, plusieurs pays ont récemment adopté ou renforcé des lois restrictives en matière de droits LGBTQ. Pour le Burkina Faso, en pleine transition politique et sécuritaire, ce choix pourrait une fois de plus raviver les débats entre souveraineté culturelle et respect des engagements internationaux en matière de droits humains.

Reste à savoir comment la loi sera appliquée sur le terrain et quelles seront ses conséquences sur la société civile, alors que le pays fait déjà face à de multiples défis sécuritaires et humanitaires.

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