
L’État islamique au Sahel (EI-Sahel), branche régionale de l’organisation jihadiste transnationale, a revendiqué une nouvelle attaque contre des positions du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) dans le nord-est du Burkina Faso. Selon un communiqué diffusé par ses canaux de propagande, l’opération aurait eu lieu le 10 février dans la localité d’Adoudji, située au sud-ouest de Dori, chef-lieu de la région du Sahel.
D’après ces affirmations, l’assaut aurait coûté la vie à 23 combattants du JNIM. Le groupe affilié à l’État islamique indique également avoir saisi un important lot de matériel militaire, comprenant 23 fusils d’assaut, deux mitrailleuses de type PKM et huit motos. Aucune source indépendante n’a, à ce stade, confirmé ces chiffres ni précisé les circonstances exactes des combats.
Adoudji se trouve à une dizaine de kilomètres au sud de Bourga, une localité stratégique qui avait déjà été le théâtre d’affrontements violents entre groupes jihadistes rivaux. Début novembre 2025, l’EI-Sahel avait revendiqué la prise de contrôle de Bourga après en avoir chassé les combattants du JNIM. Cette succession d’actions armées laisse entrevoir une dynamique de confrontation durable entre les deux organisations, bien au-delà de simples raids ponctuels.
Ces événements illustrent la recomposition continue du paysage sécuritaire dans le nord-est du Burkina Faso, où les rivalités inter-jihadistes s’ajoutent à la pression exercée sur les populations civiles et les forces de sécurité nationales. Historiquement dominée par le JNIM, affilié à Al-Qaïda, cette zone est devenue ces derniers mois un espace de concurrence accrue avec l’EI-Sahel, qui cherche à étendre son influence territoriale et opérationnelle.
Les autorités burkinabè ne se sont pas encore exprimées publiquement sur cette attaque précise. Toutefois, la multiplication des affrontements entre groupes armés non étatiques complique davantage la situation sécuritaire dans une région déjà fragilisée par des années de violences.
Pour les observateurs, ces revendications, même à prendre avec prudence, témoignent d’une volonté affichée de l’EI-Sahel de s’implanter durablement dans le nord-est du pays, en s’attaquant directement à ses rivaux plutôt qu’en se limitant à des actions de harcèlement.
Dans ce contexte, la population civile demeure la première victime collatérale de cette escalade, prise en étau entre groupes concurrents et confrontée à des déplacements forcés, à l’insécurité alimentaire et à l’effritement des services de base.









