
L’armée burkinabè affirme avoir repoussé plusieurs offensives simultanées menées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) contre ses positions dans l’Est et le Sahel. Selon les autorités militaires, ces opérations ont entraîné de lourdes pertes dans les rangs des assaillants. Dans un contexte de fortes tensions diplomatiques avec Paris, Ouagadougou a également formulé de graves accusations contre la France.
L’état-major des armées du Burkina Faso a annoncé avoir repoussé plusieurs attaques coordonnées attribuées au JNIM, organisation affiliée à Al-Qaïda et active dans la région sahélienne. Les offensives visaient simultanément les positions militaires de Gayeri, Solhan et Sebba, trois localités stratégiques confrontées depuis plusieurs années à une forte pression sécuritaire.
Dans son communiqué, l’armée burkinabè indique que la riposte a été rendue possible grâce à une coordination entre les unités terrestres et les moyens aériens déployés sur les zones d’attaque. Cette réponse combinée aurait permis de contenir les assauts et d’infliger des pertes importantes aux groupes armés.

Selon le bilan communiqué par les autorités militaires, près de 400 combattants auraient été neutralisés au cours des opérations. L’armée affirme également avoir saisi un important arsenal logistique comprenant 250 motos et 350 fusils, des équipements fréquemment utilisés par les groupes armés pour leurs déplacements rapides et leurs offensives éclairs dans les zones rurales.
Si ces chiffres témoignent de l’ampleur des combats, ils interviennent dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu au Burkina Faso. Depuis 2015, le pays fait face à une intensification des attaques jihadistes, principalement menées par des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique. Selon plusieurs estimations internationales, plus de 26 000 personnes ont perdu la vie en raison des violences armées, tandis que plus de 2 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays.
Au-delà du volet militaire, le communiqué de l’armée burkinabè a pris une tournure diplomatique particulièrement sensible. Les autorités ont établi un lien entre ces attaques coordonnées et la récente décision du Burkina Faso de rompre ses relations diplomatiques avec la France.
Dans une déclaration particulièrement ferme, l’armée affirme que ces offensives surviennent le jour même de cette rupture et évoque un supposé soutien français aux groupes terroristes opérant sur le territoire burkinabè. Une accusation grave qui, à ce stade, n’a pas été étayée publiquement par des preuves vérifiables.
Cette sortie marque une nouvelle dégradation des relations entre Ouagadougou et Paris, déjà fragilisées par des divergences profondes sur les questions sécuritaires et stratégiques au Sahel. Depuis plusieurs mois, les autorités de transition burkinabè multiplient les repositionnements diplomatiques, privilégiant une doctrine axée sur la souveraineté sécuritaire.
L’évolution de cette crise sera scrutée de près, tant pour ses implications militaires que diplomatiques. Entre intensification de la lutte antiterroriste et recomposition des alliances internationales, le Burkina Faso demeure au centre des enjeux sécuritaires majeurs du Sahel.












