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Afrique du Sud : tensions anti-immigrés sous haute surveillance policière, Pretoria redoute une nouvelle flambée de violences xénophobes

photo d'illustration

L’Afrique du Sud fait face à une montée des tensions liées aux violences anti-immigrés ce 30 juin, date symbolique fixée par des groupes hostiles à l’immigration irrégulière pour exiger le départ des étrangers sans papiers. Dans plusieurs villes, les autorités ont renforcé le dispositif sécuritaire afin de prévenir de nouveaux affrontements. Cette situation ravive les inquiétudes sur la persistance des violences xénophobes dans la première économie du continent.

Mardi 30 juin, la police sud-africaine a été massivement déployée dans plusieurs zones sensibles du pays afin de contenir d’éventuels débordements, alors que les appels à des manifestations anti-immigrés gagnent en visibilité. Les autorités craignent une nouvelle vague de violences ciblant particulièrement les ressortissants étrangers en situation irrégulière.

Cette mobilisation sécuritaire intervient dans un contexte de forte crispation sociale, marqué par des frustrations liées au chômage, à la pauvreté et à la pression sur les services publics. En Afrique du Sud, le taux de chômage demeure l’un des plus élevés au monde, atteignant près de 32,9 % selon les dernières estimations officielles de 2025. Chez les jeunes, ce chiffre dépasse 45 %, alimentant un climat social particulièrement tendu.

Au cœur de cette nouvelle séquence de tensions figure le mouvement « March and March », un collectif citoyen réclamant une politique migratoire plus stricte. Sa dirigeante a déclaré que le 30 juin marquerait le lancement d’« une marche nationale vers la liberté », présentée comme une mobilisation continue jusqu’à l’expulsion de tous les étrangers en situation irrégulière.

Dans plusieurs centres urbains, la peur s’est installée parmi les communautés étrangères. Des centaines de personnes ont cherché refuge dans des centres temporaires, des lieux de culte ou auprès d’organisations humanitaires, craignant des représailles. Ces derniers jours, plusieurs milliers d’étrangers auraient déjà quitté certaines zones à risque.

Les violences récentes ont causé la mort d’au moins cinq personnes, dont deux Mozambicains, un Éthiopien, un Malawien et un nigérian. Plusieurs commerces appartenant à des ressortissants étrangers ont également été pillés ou vandalisés, selon des médias locaux et des témoignages recueillis sur place.

Face à l’escalade, plusieurs gouvernements africains ont pris des mesures d’urgence pour protéger leurs ressortissants. Des avions et des bus ont été mobilisés afin d’organiser des rapatriements volontaires vers les pays voisins, illustrant la gravité des tensions actuelles.

Le président Cyril Ramaphosa a appelé au calme tout en annonçant un durcissement des mesures contre l’immigration clandestine. Il a également sollicité l’appui des chefs traditionnels et des responsables communautaires afin de désamorcer les tensions locales et prévenir tout nouvel embrasement.

Les violences xénophobes ne sont pas un phénomène nouveau en Afrique du Sud. Depuis 2008, plusieurs vagues d’attaques contre des migrants africains ont fait des centaines de morts et déplacé des milliers de personnes. Ces épisodes successifs soulignent les fragilités persistantes du modèle social sud-africain, confronté à des inégalités structurelles parmi les plus fortes du monde.

À court terme, l’enjeu pour Pretoria est d’éviter que les tensions du 30 juin ne dégénèrent en crise nationale. Plus largement, cette séquence pose une question centrale pour l’avenir du pays : comment concilier sécurité, cohésion sociale et gestion durable des flux migratoires dans un contexte de fortes tensions économiques et sociales.

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