
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a assuré, mardi 25 août au Parlement, que les personnes impliquées dans les violences visant des ressortissants étrangers seraient arrêtées et poursuivies. Les autorités disent recueillir les éléments nécessaires aux enquêtes. Le chef de l’État rejette parallèlement les accusations de tolérance gouvernementale à l’égard de la xénophobie, dans un contexte marqué depuis juin par des mobilisations contre l’immigration irrégulière.
Interrogé à l’Assemblée nationale sur les violences visant des migrants, Cyril Ramaphosa a indiqué que la police et les services de sécurité enquêtaient sur les instigateurs et les auteurs présumés. Il n’a toutefois pas avancé de calendrier pour les arrestations et les poursuites. Le président a expliqué que les autorités rassemblaient des rapports et des éléments de preuve avant de prendre les mesures judiciaires nécessaires.
Cette déclaration intervient après plusieurs semaines de tensions liées à l’immigration irrégulière. Le gouvernement sud-africain a engagé depuis juin une opération coordonnée associant notamment les services de l’Intérieur, la police et d’autres administrations. Au 23 juillet, 205 incidents liés à des violations de la législation sur l’immigration et d’autres infractions avaient été enregistrés comme affaires criminelles, contre 103 au début du mois. Au total, 354 personnes avaient été arrêtées et 107 dossiers inscrits au rôle des tribunaux.
Les chiffres gouvernementaux distinguent cependant les opérations contre l’immigration irrégulière des poursuites liées aux violences contre les étrangers. Entre le 14 juin et le 24 juillet, 68 327 ressortissants étrangers en situation irrégulière avaient été rapatriés. Selon le gouvernement, 81 % étaient de nationalité malawienne, 16 % zimbabwéenne et 3 % mozambicaine.
Depuis le début de la crise, Pretoria affirme que l’application des lois migratoires relève exclusivement de l’État. Dans une déclaration du 7 juin, Ramaphosa avait reconnu les préoccupations liées à l’immigration irrégulière, notamment concernant les services publics, l’emploi et la sécurité, tout en affirmant que ces difficultés ne pouvaient justifier la violence, l’intimidation ou les contrôles exercés par des particuliers.
Le gouvernement affirme également avoir renforcé les mesures contre les violences et les troubles publics. En juillet, 212 incidents liés à l’ordre public ont été recensés, dont 128 marches pacifiques, 70 rassemblements, neuf incidents nécessitant une intervention policière et cinq épisodes de pillage. Les autorités indiquent que 205 affaires criminelles ont été ouvertes et 354 suspects arrêtés dans le cadre de ces événements.
Les violences ont aussi suscité des réactions diplomatiques. En juillet, le Nigeria avait demandé à l’Afrique du Sud de renforcer ses efforts contre les attaques visant les ressortissants étrangers, estimant que certains Nigérians, y compris des personnes en situation régulière, avaient été touchés. Pretoria a réaffirmé son opposition officielle à la xénophobie, au racisme et à la discrimination.
En promettant des arrestations et des poursuites, Cyril Ramaphosa cherche à inscrire la réponse aux violences anti-migrants dans le cadre judiciaire. Les autorités doivent désormais établir les responsabilités individuelles à partir des enquêtes en cours, tandis que le gouvernement poursuit parallèlement sa politique de contrôle de l’immigration irrégulière.












