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Affaire de drone abattu: le Mali et l’Algérie, à chacun sa version des faits sur une éventuelle saisine de la CIJ

photo d'illustration

Les relations entre le Mali et l’Algérie traversent une nouvelle zone de turbulences après l’annonce contradictoire de Bamako et d’Alger concernant une supposée saisine de la Cour internationale de Justice (CIJ). Les deux pays, qui partagent près de 1 500 kilomètres de frontière, s’accusent mutuellement dans une affaire de drone militaire détruit en mars dernier.

Le 4 septembre, les autorités maliennes ont affirmé avoir déposé auprès de la CIJ une requête contre l’Algérie. Selon Bamako, Alger aurait abattu un drone de son armée alors qu’il évoluait dans l’espace aérien malien, constituant une violation grave de la souveraineté nationale. Dans un contexte marqué par l’instabilité sécuritaire et les tensions régionales, ce geste visait, selon le gouvernement malien, à obtenir un arbitrage international.

Mais Alger a immédiatement opposé un démenti. Samedi 13 sptembre, lors d’une conférence de presse, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a rejeté toute idée de procédure judiciaire en cours. « Il n’y a absolument aucune saisine de la Cour internationale de Justice. La CIJ n’a jamais été saisie d’aucune demande. Ça n’existe pas », a-t-il déclaré, assurant que l’Algérie avait directement vérifié auprès de la juridiction onusienne.

Pour Alger, les faits sont clairs : le drone malien aurait pénétré illégalement son espace aérien. Le ministère de la Défense algérien précise que l’appareil s’est aventuré sur 1,6 kilomètre dans le territoire national, entre la nuit du 31 mars et le 1er avril. Il aurait adopté « une trajectoire offensive » après un premier éloignement, justifiant sa neutralisation par la défense aérienne algérienne.

Ces versions diamétralement opposées alimentent un climat de méfiance entre deux capitales pourtant liées par des intérêts sécuritaires communs. L’Algérie, médiatrice historique dans la crise malienne et signataire de l’accord de paix d’Alger en 2015, joue un rôle central dans les équilibres régionaux du Sahel. Le Mali, confronté à la multiplication des attaques djihadistes et à l’isolement diplomatique depuis le coup d’État de 2021, cherche pour sa part à réaffirmer sa souveraineté et à diversifier ses partenariats.

À ce stade, aucune confirmation officielle de la CIJ ne permet de clarifier la situation. L’absence de communication de la Cour entretient l’incertitude et laisse planer le doute sur la véracité des affirmations maliennes.

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