
La Côte d’Ivoire a engagé, le 23 octobre 2026, une nouvelle étape de son développement solaire avec la pose de la première pierre d’une centrale photovoltaïque à Tongon, dans le département de M’Bengué. Le projet, annoncé par le gouvernement, affiche une capacité de 50 mégawatts-crête (MWc) et vise à contribuer à l’alimentation électrique d’environ 300 000 personnes. Au-delà de cette annonce, sa portée dépendra de la réalisation des travaux, du raccordement au réseau et de sa mise en service effective.
Le lancement de cette infrastructure intervient dans un contexte où Abidjan cherche à diversifier les sources de production électrique et à accroître la part des énergies renouvelables. Selon le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, la centrale de Tongon représente un investissement d’environ 33 milliards de francs CFA. Sa mise en service est prévue au plus tard à la mi-2028.
Le projet doit être replacé dans les caractéristiques actuelles du système électrique ivoirien. D’après les chiffres publiés par CI-Énergies pour 2025, le pays disposait d’une capacité électrique installée de 3 272 MW, dont 2 215 MW d’origine thermique, 990 MW d’origine hydraulique et 67 MW d’origine solaire. Cette répartition montre la place encore limitée du photovoltaïque dans les capacités recensées pour cette année.
La diversification du parc de production constitue un enjeu technique et économique. L’énergie solaire permet de mobiliser une ressource renouvelable, mais sa production varie selon l’ensoleillement et les conditions météorologiques. Son intégration au système électrique nécessite donc une coordination avec les autres moyens de production, ainsi que des infrastructures de transport et de distribution adaptées. La capacité nominale d’une centrale ne correspond pas, à elle seule, à une quantité d’électricité disponible en permanence.
Le gouvernement inscrit Tongon dans une ambition plus large : porter à 45 % la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national à l’horizon 2030. Selon les déclarations du ministre rapportées par le portail officiel, les projets solaires envisagés doivent contribuer à atteindre cet objectif, avec une capacité cumulée annoncée de 1 262 MWc à cette échéance. Il s’agit d’un objectif programmatique dont la réalisation dépendra de l’avancement des différents chantiers et de leur raccordement effectif au réseau.
Les retombées locales constituent un autre indicateur à suivre. Les autorités annoncent près de 500 emplois pendant la construction. Ce chiffre correspond à une prévision et ne renseigne pas encore sur le nombre de recrutements effectivement réalisés, leur durée ou la proportion de travailleurs issus de M’Bengué. De même, l’objectif de desservir environ 300 000 personnes devra être apprécié à partir des résultats observés après la mise en service. Une capacité de production supplémentaire ne garantit pas automatiquement un accès effectif à l’électricité pour chaque bénéficiaire annoncé.
Pour mesurer les résultats, plusieurs éléments devront être documentés : le respect du calendrier, le coût final, les capacités réellement installées, les volumes d’électricité injectés sur le réseau et les effets sur la continuité du service. Le financement définitif, les conditions techniques de raccordement et les modalités d’exploitation méritent également un suivi public.
La centrale de Tongon constitue ainsi un projet concret de diversification énergétique, mais sa contribution réelle ne pourra être établie qu’après sa mise en service. La comparaison entre les objectifs annoncés et les résultats mesurés permettra d’évaluer sa place dans l’approvisionnement électrique ivoirien.









