Accueil AFRIQUE Terrorisme en Afrique de l’Ouest : le Ghana ouvert à tous les...

Terrorisme en Afrique de l’Ouest : le Ghana ouvert à tous les partenaires sécuritaires

Le président ghanéen John Dramani Mahama

Le président ghanéen John Dramani Mahama a affirmé, le 21 octobre 2026, que tous les partenaires prêts à contribuer à la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest étaient les bienvenus. Cette position, exprimée au Financial Times Africa Summit à Londres, intervient dans un contexte de recomposition des alliances sécuritaires au Sahel. Elle met en avant une approche fondée sur la contribution concrète des partenaires, sans annoncer pour autant un nouvel accord militaire entre Accra et Moscou.

Lors de cette rencontre consacrée aux enjeux économiques et stratégiques du continent, John Dramani Mahama a défendu une conception pragmatique de la coopération antiterroriste. Selon Reuters, le chef de l’État ghanéen a indiqué ne pas être préoccupé par l’origine russe d’une éventuelle assistance sécuritaire, privilégiant plutôt la capacité des partenaires à contribuer effectivement à la lutte contre les groupes armés.

Cette déclaration place l’efficacité opérationnelle au centre du débat sur les coopérations internationales en matière de sécurité. Elle ne signifie toutefois pas que le Ghana a conclu un accord militaire avec la Russie. En l’absence d’annonce officielle en ce sens, la position exprimée par Mahama doit être distinguée de toute décision diplomatique ou opérationnelle qui resterait à confirmer.

L’enjeu dépasse les seules relations entre Accra et Moscou. Depuis plusieurs années, les partenariats sécuritaires en Afrique de l’Ouest connaissent des évolutions importantes, notamment au Sahel, où certains gouvernements ont réorienté leurs coopérations militaires et diversifié leurs interlocuteurs internationaux. Ces changements s’inscrivent dans un environnement marqué par la persistance des violences jihadistes et par les difficultés rencontrées par les États pour sécuriser durablement leurs territoires.

La pression sécuritaire concerne également les pays côtiers du golfe de Guinée, confrontés au risque de propagation des violences depuis les zones sahéliennes. Le Ghana, qui partage des frontières avec le Burkina Faso, le Togo et la Côte d’Ivoire, évolue ainsi dans un environnement régional où le renseignement, la surveillance des frontières et la coordination entre services de sécurité occupent une place importante.

Dans ce contexte, l’ouverture à différents partenaires peut élargir les possibilités de coopération, qu’il s’agisse de formation, d’équipements, de partage de renseignements ou d’appui opérationnel. Cependant, la disponibilité d’un soutien extérieur ne suffit pas à établir son efficacité. Les résultats dépendent notamment de l’adéquation des moyens aux besoins locaux, de la coordination entre forces nationales et du suivi des engagements pris.

La diversification des alliances soulève également des questions de gouvernance. Les autorités doivent pouvoir évaluer les conditions des accords, leurs implications financières, leurs éventuelles contreparties et leurs conséquences sur la souveraineté nationale. La transparence des engagements et le contrôle institutionnel constituent, à cet égard, des éléments importants pour apprécier la portée réelle d’un partenariat sécuritaire.

La déclaration de Mahama exprime donc une préférence pour une coopération évaluée à l’aune de sa contribution à la lutte antiterroriste, indépendamment de la nationalité du partenaire. Elle ne permet cependant pas de conclure à un rapprochement militaire formalisé avec Moscou ni de présumer des orientations futures de la politique étrangère ghanéenne.

Pour le Ghana, la question centrale demeure celle des résultats concrets de la coopération régionale et internationale face à la menace terroriste. La position exprimée à Londres ouvre le débat sur la diversité des partenaires, mais son incidence réelle dépendra des décisions officielles, des accords effectivement conclus et de leur mise en œuvre. Dans une région confrontée à des défis sécuritaires persistants, l’efficacité des soutiens extérieurs devra être appréciée au regard de résultats vérifiables, du respect des institutions et de la capacité des États africains à conserver la maîtrise de leurs choix stratégiques.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Captcha verification failed!
Le score de l'utilisateur captcha a échoué. Contactez nous s'il vous plait!