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Éthiopie-Érythrée : des troupes érythréennes signalées au Tigré, tensions régionales encore en hausse

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La reprise des combats dans le Tigré ouvre une nouvelle phase de tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée. Selon l’ACLED, des forces érythréennes ont franchi la frontière le 7 octobre par Zelambessa et progressé vers Adigrat et Idaga Hamus, avant d’être ciblées par des drones éthiopiens. L’Associated Press rapporte également la présence de soldats érythréens dans plusieurs localités, tout en précisant que ces informations n’ont pas pu être vérifiées indépendamment.

La situation intervient alors que le conflit armé a repris dans le Tigré après plusieurs jours d’affrontements entre les forces fédérales éthiopiennes, leurs alliés et les forces tigréennes. Le 3 octobre, les forces gouvernementales et la Tigray Peace Force avaient repris le contrôle de Mekelle, capitale régionale, après le retrait des combattants du Tigray Defense Forces. ACLED a également documenté des combats et des opérations militaires dans plusieurs secteurs de la région au cours des derniers jours.

Le franchissement de la frontière érythréenne constitue toutefois un développement distinct. L’ACLED indique que des militaires érythréens sont entrés en Éthiopie par Zelambessa le 7 octobre avant de se diriger vers l’axe Adigrat-Idaga Hamus. Des drones des forces nationales éthiopiennes auraient ensuite visé leur progression à Guada. Dans une mise à jour publiée le 8 octobre, l’organisation affirme que de nouvelles frappes ont visé des militaires et des véhicules transportant des munitions à Idaga Hamus et Qerse Ber, dans la zone d’Adigrat. Elle rapporte également un retrait des forces érythréennes d’Adigrat.

L’Associated Press rapporte, de son côté, que le commandant de la Tigray Peace Force, Ermiyas Ababu, affirme avoir constaté l’entrée de soldats érythréens à Adigrat puis à Idaga Hamus. L’agence précise toutefois ne pas avoir été en mesure de vérifier indépendamment ce témoignage. Le gouvernement érythréen n’a pas explicitement confirmé la présence de ses troupes en territoire éthiopien. Son ministre de l’Information a plutôt accusé Addis-Abeba de contribuer à l’instabilité régionale dans le contexte de ses revendications concernant l’accès à la mer Rouge.

Cette évolution intervient dans un contexte diplomatique fortement dégradé. Le 1er octobre, l’Éthiopie avait déclaré plusieurs diplomates érythréens persona non grata et annoncé la fermeture de son ambassade à Asmara, en invoquant des actes d’hostilité. Les tensions sont également alimentées par la question de l’accès éthiopien à la mer Rouge, devenue un sujet stratégique majeur pour Addis-Abeba.

La portée régionale de la crise tient donc moins à une guerre officiellement déclarée entre les deux États qu’à la multiplication de faits militaires et diplomatiques susceptibles d’élargir le conflit. À ce stade, les éléments disponibles établissent des mouvements de troupes rapportés et des frappes documentées par l’ACLED, mais ils ne permettent pas de conclure à l’ouverture d’une guerre interétatique généralisée. La poursuite des combats et la clarification de la présence érythréenne seront déterminantes pour mesurer l’évolution réelle de cette crise dans la Corne de l’Afrique.

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