
Le chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah al-Burhan, maintient son refus de nouvelles négociations avec les Forces de soutien rapide (RSF) et affirme vouloir poursuivre l’option militaire. Cette position intervient alors que les combats restent actifs dans plusieurs régions, notamment au Kordofan et au Nil Bleu. Elle intervient également au moment où Washington cherche à relancer les efforts diplomatiques en faveur d’une trêve humanitaire.
Abdel Fattah al-Burhan a formulé cette position mardi dans le nord du Soudan, lors d’une intervention à Village 5, dans la localité de Merowe, selon la Sudan News Agency, citée par Al Jazeera. Le chef de l’armée soudanaise a déclaré que l’option militaire se poursuivrait jusqu’au retrait des Forces de soutien rapide de l’ensemble du territoire. Il a également affirmé son intention de reprendre les territoires contrôlés par le groupe paramilitaire.
Cette déclaration intervient dans une phase où les affrontements restent particulièrement actifs dans le Kordofan. Dans l’État du Kordofan occidental, une attaque attribuée aux RSF a fait au moins dix morts parmi les civils, selon le Dar Hamar Emergency Committee, une organisation locale citée par Al Jazeera. L’armée soudanaise mène parallèlement des opérations dans le Kordofan septentrional, après avoir annoncé récemment des gains territoriaux dans cette région.
La situation est également tendue dans l’État du Nil Bleu. L’Organisation internationale pour les migrations a indiqué que plus de 5 500 personnes avaient été déplacées de plusieurs villages en l’espace de trois jours en raison de la détérioration de la situation sécuritaire. Ces mouvements illustrent les conséquences immédiates de la poursuite des combats sur les populations civiles, alors que le conflit, déclenché en avril 2023, a déjà provoqué des déplacements massifs à l’intérieur du pays et vers les États voisins. Les estimations internationales évoquent environ 13 millions de personnes déplacées.
La position d’al-Burhan contraste avec les initiatives diplomatiques actuellement conduites par plusieurs partenaires internationaux. Le conseiller américain pour les affaires arabes et africaines, Massad Boulos, a rencontré le chef de l’armée soudanaise le 3 octobre en Égypte. Washington continue de promouvoir un cessez-le-feu humanitaire, des corridors permettant l’acheminement de l’aide et, à terme, un dialogue politique dirigé par les Soudanais.
La déclaration d’al-Burhan constitue donc un signal clair sur la priorité actuellement accordée par le commandement militaire à la reconquête territoriale. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de conclure à l’abandon définitif de toute initiative diplomatique. La poursuite des combats, les déplacements de population et les démarches internationales montrent surtout que le conflit reste ouvert et que les conditions d’un règlement négocié demeurent difficiles à réunir.











