
Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a adopté, le 5 octobre à Genève, une résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat au Soudan et prolongeant d’un an le mandat de la mission internationale d’établissement des faits. Le texte intervient alors que les combats se poursuivent entre les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF), avec des attaques affectant également les populations et les opérations humanitaires.
Composé de 47 États membres, le Conseil a adopté la résolution par 28 voix contre 10, avec neuf abstentions. Le texte, parrainé notamment par le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Irlande, les Pays-Bas et la Norvège, renouvelle le mandat de la mission indépendante chargée d’enquêter sur les violations des droits humains et du droit international humanitaire liées au conflit. Il prévoit également de nouvelles étapes de suivi devant le Conseil et l’Assemblée générale des Nations unies.
La résolution demande aux parties soudanaises de coopérer avec les mécanismes internationaux d’enquête et appelle les acteurs extérieurs à respecter l’intégrité territoriale du Soudan. Elle condamne également les formes d’intervention extérieure susceptibles d’alimenter les hostilités, notamment les transferts d’armes et d’équipements militaires ainsi que la présence de combattants étrangers. Le texte demande, plus largement, la fin du soutien militaire et matériel aux protagonistes du conflit.
Sur le terrain, les risques pesant sur les civils et les travailleurs humanitaires restent élevés. Le Programme alimentaire mondial a indiqué qu’une frappe aérienne avait touché, le 3 octobre dans l’État du Kordofan du Sud, deux camions affrétés pour transporter des denrées alimentaires vers Kadugli depuis Dilling. Un conducteur a été tué. Le PAM précise que les véhicules étaient clairement identifiés comme des véhicules humanitaires et qu’une enquête rapide et impartiale devait établir les circonstances de l’attaque.
Cet incident intervient dans un contexte déjà marqué par de fortes contraintes d’accès humanitaire. En septembre, le PAM avait signalé qu’une autre attaque aérienne contre deux camions transportant plus de 50 tonnes de nourriture, dans le même État, avait détruit des vivres destinés à environ 5 800 personnes pendant un mois. L’agence avait alors indiqué avoir recensé huit attaques aériennes ayant endommagé ses installations ou perturbé ses opérations depuis le début de 2026.
La dimension humanitaire du conflit reste considérable. Selon les Nations unies, près de 34 millions de personnes avaient besoin d’une aide humanitaire au printemps 2026, tandis que près de neuf millions étaient déplacées à l’intérieur du pays. La guerre, déclenchée en avril 2023, est ainsi entrée dans sa quatrième année, sans règlement politique permettant de mettre durablement fin aux hostilités.
La résolution de Genève marque donc une nouvelle initiative diplomatique, mais son adoption ne constitue pas, à elle seule, un mécanisme de cessation des combats. L’enjeu demeure désormais sa traduction concrète sur le terrain : protection des civils, accès humanitaire et coopération avec les mécanismes d’enquête. L’écart entre les appels internationaux au cessez-le-feu et la poursuite des opérations militaires reste ainsi l’un des principaux défis du dossier soudanais.











