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Éthiopie : combats au Tigré, tensions régionales et risque d’embrasement dans la Corne

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Les combats ont repris avec intensité dans le Tigré, malgré la prise de Mekelle par les forces fédérales éthiopiennes et leurs alliés. Des frappes aériennes et des tirs d’artillerie ont été signalés dans plusieurs secteurs, faisant au moins 17 morts selon des sources humanitaires citées par Reuters. Cette nouvelle phase militaire intervient alors que les relations entre Addis-Abeba et plusieurs pays voisins se sont fortement dégradées.

Les affrontements dans le nord de l’Éthiopie connaissent une nouvelle escalade. Les forces fédérales éthiopiennes ont pris le contrôle de Mekelle, capitale du Tigré, au cours du week-end. Cette évolution n’a toutefois pas mis fin aux hostilités. Des combats se poursuivent dans plusieurs zones de la région, avec des échanges d’artillerie et des frappes aériennes signalées notamment autour d’Adwa et de Sheraro.

Selon un bulletin humanitaire cité par Reuters, les frappes auraient tué au moins neuf personnes à Adwa et huit à Sheraro. L’agence précise toutefois que l’identité des auteurs des frappes n’a pas pu être établie indépendamment. Cette réserve est importante dans un contexte où les différentes parties au conflit s’accusent mutuellement de responsabilités militaires.

Cette reprise des combats intervient après plusieurs semaines d’affrontements qui ont déjà provoqué une forte inquiétude internationale. L’Union africaine avait appelé, dès le 23 septembre, à une désescalade immédiate et rappelé que l’accord de cessation des hostilités signé à Pretoria en novembre 2022 constituait le cadre de référence pour la paix en Éthiopie.

La dimension régionale de la crise s’est parallèlement accentuée. Le 1er octobre, l’Union africaine a appelé l’Éthiopie, l’Érythrée et l’Égypte à la retenue, dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes. Quatre jours plus tôt, l’Érythrée avait annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec Addis-Abeba. Cette décision faisait suite à des accusations éthiopiennes concernant un soutien présumé d’Asmara à l’opposition armée, accusations rejetées par l’Érythrée.

Addis-Abeba accuse également le Soudan et l’Égypte de soutenir, directement ou indirectement, les forces opposées au gouvernement. Le Caire et Khartoum rejettent ces accusations. L’Union africaine a ensuite précisé que son appel à la retenue ne visait à attribuer aucune responsabilité aux États voisins, mais à prévenir une extension de la crise.

À ces tensions s’ajoutent le conflit soudanais, les différends persistants autour du Nil et du barrage de la Renaissance, ainsi que la question de l’accès éthiopien à la mer Rouge. Le Premier ministre Abiy Ahmed a encore réaffirmé le 5 octobre l’importance stratégique de cet accès pour son pays. Ces différents dossiers se superposent désormais au conflit du Tigré, accroissant les risques d’interactions entre plusieurs crises distinctes.

La situation reste donc ouverte. La reprise de Mekelle ne signifie pas la fin des combats : elle coïncide au contraire avec la poursuite des opérations militaires dans d’autres secteurs du Tigré et avec une dégradation du contexte diplomatique régional. L’évolution des prochains jours dépendra notamment de l’intensité des affrontements, de la capacité des acteurs à maintenir les canaux diplomatiques et de l’implication éventuelle des pays voisins. À ce stade, les faits établis montrent surtout une crise éthiopienne dont les ramifications dépassent désormais largement les frontières du Tigré.

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