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Éthiopie : les combats s’intensifient au Tigré après la reprise de Mekelle dimanche

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La reprise de Mekelle par les forces pro-gouvernementales éthiopiennes n’a pas interrompu les combats au Tigré. Lundi 5 octobre, des frappes aériennes et des tirs d’artillerie ont été signalés dans plusieurs zones du nord du pays, au lendemain du retrait annoncé du TPLF de la capitale régionale. Des sources humanitaires citées par Reuters font état d’au moins 17 morts autour de Mekelle.

Les forces pro-gouvernementales ont annoncé dimanche 4 octobre avoir repris le contrôle de Mekelle, capitale du Tigré. Le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui dirigeait la région et conduit l’alliance opposée au gouvernement fédéral, a confirmé le retrait de ses combattants. Cette évolution intervient après une offensive lancée le 23 septembre et une contre-offensive fédérale vers la capitale régionale.

La situation demeure cependant instable au-delà de Mekelle. Selon des sources humanitaires citées par Reuters, des attaques ont fait au moins 17 morts dans les environs de la ville. Des frappes ont également été rapportées à Adwa et Sheraro, sans qu’il soit possible, à ce stade, d’en établir indépendamment l’auteur. Reuters rapporte par ailleurs que les hostilités se poursuivent notamment dans les secteurs proches du fleuve Tekeze.

Cette nouvelle séquence militaire intervient moins de quatre ans après l’accord de cessation des hostilités signé à Pretoria, en Afrique du Sud, le 2 novembre 2022. Cet accord avait mis fin aux affrontements de grande ampleur de la guerre de 2020-2022. Le conflit avait provoqué une crise humanitaire majeure et fait des centaines de milliers de morts selon différentes estimations, même si l’ampleur exacte du bilan reste difficile à établir.

L’Union africaine considère toujours l’accord de Pretoria comme le cadre central du processus de paix. Dès le 23 septembre, la Commission de l’Union africaine avait appelé à la retenue et à une cessation immédiate de l’escalade, tout en demandant la reprise du dialogue direct entre les parties. Elle avait également chargé son haut représentant pour la Corne de l’Afrique, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, de soutenir les efforts diplomatiques.

La reprise des combats intervient également dans un environnement régional tendu. Addis-Abeba et Asmara ont récemment rompu leurs relations diplomatiques après des mesures réciproques concernant leurs représentations diplomatiques. Le gouvernement éthiopien a en outre accusé l’Érythrée, le Soudan et l’Égypte de soutenir l’alliance d’opposition conduite par le TPLF ; ces pays ont contesté ces accusations.

La prise de Mekelle constitue donc un changement militaire important, mais elle ne signifie pas la fin des hostilités. La poursuite des frappes et des combats dans d’autres secteurs du Tigré maintient l’incertitude sur la suite du conflit. Pour l’Union africaine, la priorité demeure la désescalade et le retour au cadre de Pretoria.

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