
La Banque de Zambie a abaissé son taux directeur de 2,5 points de pourcentage, le ramenant de 13,25 % à 10,75 % à compter du 30 septembre 2026. Cette décision intervient alors que l’inflation annuelle poursuit son ralentissement et s’établit à 6,1 %. Elle contraste notamment avec le resserrement monétaire engagé récemment en Sierra Leone.
La Banque de Zambie (BoZ) a décidé de réduire son Monetary Policy Rate (MPR) de 250 points de base lors de la réunion de son Comité de politique monétaire tenue les 28 et 29 septembre. Le taux passe ainsi de 13,25 % à 10,75 %, selon les informations communiquées par l’institution et reprises lors de la présentation de sa décision.
Cette orientation intervient dans un environnement marqué par une progression moins rapide des prix. L’Agence zambienne des statistiques indique que l’inflation annuelle est passée de 6,2 % en août à 6,1 % en septembre 2026. Le niveau enregistré en septembre correspond à une hausse moyenne des prix de 6,1 % sur douze mois. L’évolution a notamment été influencée par les prix des produits alimentaires.
La Banque de Zambie considère désormais l’inflation comme située dans sa fourchette cible de 6 % à 8 %. Le gouverneur Denny Kalyalya a également indiqué que l’appréciation du kwacha et la baisse des prix du maïs avaient contribué à l’amélioration de la situation inflationniste. La monnaie zambienne s’est appréciée de 8,3 % au troisième trimestre, tandis que la production de maïs de la campagne 2025/2026 a atteint 4,9 millions de tonnes, selon les données communiquées par la banque centrale.
La décision monétaire intervient toutefois dans un contexte africain hétérogène. En Sierra Leone, la Banque centrale a, au contraire, relevé son taux directeur de 25 points de base, à 17,25 %, avec une entrée en vigueur le 29 septembre. Cette décision faisait suite à une accélération de l’inflation, passée de 10,24 % en mars à 15,66 % en août 2026.
Pour la Zambie, l’enjeu sera désormais celui de la transmission de la décision aux conditions de financement. Une baisse du taux directeur peut contribuer à réduire le coût des ressources pour les établissements financiers et créer les conditions d’un assouplissement des taux de crédit. Elle ne signifie toutefois pas automatiquement que les ménages et les entreprises bénéficieront immédiatement de prêts moins coûteux. L’évolution des taux pratiqués par les banques commerciales, la liquidité du système financier, le comportement du kwacha et les anticipations d’inflation constitueront donc des indicateurs à suivre.
La Banque de Zambie devra ainsi maintenir l’équilibre entre le soutien au financement de l’économie et la préservation de la stabilité des prix. La trajectoire de l’inflation dans les prochains mois, ainsi que la réaction du crédit bancaire, permettront de mesurer la portée concrète de cette nouvelle orientation monétaire.











