
Les discussions entre le Royaume-Uni et Maurice sur l’avenir des îles Chagos se poursuivent alors que l’accord de souveraineté signé en 2025 reste bloqué. Au centre des négociations figurent le statut de l’archipel, l’avenir de la base militaire de Diego Garcia et les droits des Chagossiens déplacés. Les dernières consultations interviennent dans un contexte marqué par des réserves américaines sur l’accord.
Le différend entre Londres et Port-Louis porte sur un archipel de l’océan Indien que le Royaume-Uni avait détaché de Maurice en 1965, trois ans avant l’indépendance mauricienne. Entre 1968 et 1973, environ 1 400 à 1 700 Chagossiens ont été déplacés des îles, notamment pour permettre l’installation de la base militaire américano-britannique de Diego Garcia.
Le 22 mai 2025, les deux gouvernements ont signé un traité prévoyant que Maurice exercerait sa souveraineté sur l’ensemble de l’archipel. Le texte maintient toutefois les droits britanniques sur Diego Garcia pour une période initiale de 99 ans, afin de permettre la poursuite des activités de la base. Il prévoit également la possibilité pour Maurice d’organiser la réinstallation de Chagossiens sur les îles autres que Diego Garcia.
Cet accord n’est cependant pas encore entré en vigueur. Le gouvernement britannique a indiqué au Parlement en septembre 2026 qu’il poursuivait ses échanges avec Maurice, sans fournir de compte rendu détaillé des discussions. La procédure législative britannique nécessaire à la mise en œuvre du traité n’a pas achevé son parcours parlementaire lors de la session 2024-2026.
Le dossier a connu un nouveau développement diplomatique en septembre. Le Premier ministre mauricien Navin Ramgoolam s’est rendu au Royaume-Uni pour des discussions avec le conseiller britannique à la sécurité nationale, Jonathan Powell, et d’autres responsables. Maurice maintient publiquement que sa souveraineté sur l’archipel n’est pas négociable et privilégie la voie diplomatique.
La position américaine constitue parallèlement un élément important du blocage. Donald Trump a exprimé son opposition à l’accord, en mettant notamment en avant les enjeux liés à Diego Garcia. Le gouvernement britannique affirme de son côté vouloir trouver une solution permettant de préserver le fonctionnement de la base tout en poursuivant les discussions avec Maurice.
Pour les Chagossiens, le calendrier revêt une dimension particulière. Les associations représentant les personnes originaires de l’archipel soulignent le vieillissement de cette population et leur attente d’un éventuel retour. Al Jazeera rapporte que les Chagossiens nés dans l’archipel sont aujourd’hui âgés de 58 à 100 ans.
Le dossier des Chagos demeure ainsi lié à trois questions distinctes mais interdépendantes : l’exercice de la souveraineté mauricienne, la pérennité de Diego Garcia et les modalités d’un éventuel retour des populations déplacées. Tant que les procédures juridiques et diplomatiques ne sont pas achevées, aucun transfert effectif de souveraineté ne peut être considéré comme acquis.











