
Le président sud-soudanais Salva Kiir a dissous, le 22 septembre 2026, le gouvernement de transition issu de l’accord de paix de 2018. La décision intervient trois mois avant les élections générales prévues le 22 décembre. Elle s’accompagne de la dissolution du Parlement et des gouvernements des dix États, ainsi que de la nomination d’une administration intérimaire.
Le décret présidentiel met fin à l’organisation institutionnelle mise en place dans le cadre de l’accord de paix revitalisé de 2018. Salva Kiir a relevé de leurs fonctions les cinq vice-présidents, dont le premier vice-président Riek Machar, ainsi que les ministres et leurs adjoints. Le Parlement national, composé de l’Assemblée législative nationale de transition et du Conseil des États, a également été dissous. Les assemblées et gouvernements des dix États ont connu le même sort.
Une administration intérimaire a été désignée pour assurer la continuité de l’État jusqu’à l’installation des autorités issues des élections. Plusieurs ministres de transition ont été remplacés par des responsables intérimaires, notamment aux Affaires étrangères, à la Défense, à l’Intérieur, à la Justice, aux Finances, au Pétrole et à la Sécurité nationale. Des gouverneurs intérimaires ont également été nommés dans les dix États. Le décret prévoit par ailleurs le maintien du fonctionnement des institutions dont la continuité est requise par la loi, notamment la justice, la fonction publique et les forces organisées.
Cette réorganisation intervient après une modification de la loi électorale signée le 21 septembre. Le texte a supprimé le caractère préalable de deux étapes qui avaient jusqu’alors été liées à l’organisation du scrutin : l’adoption d’une Constitution permanente et la réalisation d’un recensement national. La Commission électorale nationale avait déjà retenu le 22 décembre 2026 pour les élections générales et prévu l’utilisation de 102 circonscriptions correspondant aux dix États et aux trois zones administratives.
Le scrutin doit mettre fin à une période de transition prolongée depuis l’indépendance du Soudan du Sud en 2011. Les élections, initialement attendues dans le cadre de la transition issue de l’accord de paix de 2018, ont été reportées à plusieurs reprises. Le nouveau calendrier prévoit désormais un vote national dans un pays où les institutions doivent simultanément assurer la continuité administrative et préparer les opérations électorales.
Le décret précise que l’administration intérimaire restera en fonction jusqu’à l’entrée en fonctions du président élu, du Parlement et des autorités élues aux différents niveaux. Les prochaines semaines seront donc consacrées à la mise en œuvre de ce nouveau dispositif et à la préparation matérielle et institutionnelle du scrutin du 22 décembre. La tenue effective de cette échéance dépendra notamment de la poursuite des préparatifs électoraux et du fonctionnement des institutions pendant cette période transitoire.











