
La République démocratique du Congo fait face à une extension géographique continue de l’épidémie de maladie à virus Ebola due à la souche Bundibugyo. Au 13 septembre 2026, l’Organisation mondiale de la Santé recensait 7 258 cas confirmés et 3 510 décès dans 62 zones de santé réparties sur sept provinces. L’apparition d’un premier cas confirmé dans le Sud-Ubangi élargit encore le périmètre de la flambée.
L’épidémie, signalée initialement en Ituri en mai 2026, a progressivement gagné plusieurs provinces de l’est et du nord-est de la RDC. Selon le dernier rapport de situation de l’OMS, le Sud-Ubangi constitue désormais la septième province touchée, après la confirmation d’un cas dans la zone de santé de Bulu. Cette province est frontalière de la République centrafricaine et de la République du Congo, ce qui place la surveillance transfrontalière parmi les principaux enjeux opérationnels de la riposte.
Au 13 septembre, les autorités sanitaires avaient enregistré 7 258 cas confirmés et 3 510 décès, soit un taux de létalité de 48,4 %. Depuis le précédent rapport de situation, 572 nouveaux cas confirmés et 284 décès avaient été enregistrés. L’Ituri demeure la province la plus affectée, même si sa part relative dans le total des cas diminue avec l’extension de la transmission dans d’autres territoires. Elle représentait encore 78 % des cas confirmés cumulés à cette date.
Cette évolution intervient alors que l’OMS décrit une transmission hétérogène selon les provinces et les zones de santé. Le Nord-Kivu connaît notamment une progression de la transmission, tandis que des cas continuent également d’être signalés dans le Haut-Uélé. Cette dispersion géographique complique les opérations de surveillance, de recherche des contacts et de prise en charge, particulièrement dans les territoires caractérisés par des déplacements importants de populations.
La dimension régionale constitue également un élément de vigilance. Dans une précédente évaluation publiée le 10 septembre, l’OMS estimait élevé le risque pour les pays partageant une frontière terrestre avec la RDC, tout en maintenant à un niveau faible le risque pour le reste de la région africaine et pour le niveau mondial. Des dispositifs de surveillance sont maintenus aux points d’entrée officiels, mais l’existence de mouvements par des passages informels constitue une difficulté supplémentaire.
Sur le plan médical, la souche Bundibugyo présente des contraintes particulières. L’OMS indique qu’il n’existe pas encore de vaccin homologué spécifiquement contre cette souche. Le vaccin Ervebo, utilisé contre le virus Ebola Zaïre, fait l’objet d’une utilisation dans le cadre de protocoles de recherche, tandis qu’un essai clinique destiné à évaluer des traitements contre la maladie à virus Bundibugyo est en cours en Ituri. Au 6 septembre, 2 007 personnes avaient été vaccinées dans six zones de santé de trois provinces.
L’extension à une septième province confirme ainsi que la réponse sanitaire doit désormais tenir compte d’un espace géographique plus vaste et de réalités locales différentes. Pour les autorités congolaises et leurs partenaires, la surveillance épidémiologique, la détection précoce, la prise en charge des malades et la coordination aux frontières restent déterminantes pour limiter la poursuite de la transmission.











