
L’attaque du 10 septembre contre le camp militaire de Dioura, dans le centre du Mali, a fait plus d’une centaine de morts parmi les militaires maliens, selon plusieurs sources citées par Reuters et l’AFP. Le JNIM, affilié à Al-Qaïda, a revendiqué l’opération et affirmé avoir capturé des soldats. D’autres attaques ont également visé des positions militaires à Sévaré et Konna, illustrant la persistance des violences armées dans le centre du pays.
L’assaut contre le camp de Dioura constitue l’un des épisodes les plus meurtriers récemment enregistrés contre les forces armées maliennes. Selon Reuters, une source sécuritaire a fait état de 130 soldats tués, tandis qu’une source diplomatique évoque environ 120 morts. Plus de 100 militaires auraient également été capturés. L’AFP, citant de son côté des sources militaires, sécuritaires et locales, avait établi quelques jours plus tôt un bilan d’au moins 100 militaires maliens tués, auxquels s’ajouteraient cinq membres russes d’Africa Corps.
Ces chiffres demeurent toutefois distincts des revendications du JNIM. Le groupe a affirmé avoir tué 150 soldats et capturé 93 militaires. L’Associated Press souligne que ces chiffres n’ont pas pu être vérifiés indépendamment. L’armée malienne a confirmé des pertes dans ses rangs, tout en indiquant avoir évacué des militaires du camp et engagé une opération aéroterrestre contre les assaillants. Elle n’a pas communiqué de bilan détaillé correspondant aux chiffres avancés par les sources indépendantes.
La séquence ne s’est pas limitée à Dioura. À Sévaré, dans la région de Mopti, le JNIM a revendiqué des frappes contre les systèmes de défense de l’aéroport, une infrastructure qui accueille notamment des aéronefs militaires et des drones. Reuters rapporte que le site a subi des bombardements pendant six nuits consécutives. Le groupe armé a également revendiqué la mort de 33 membres des forces pro-gouvernementales à Sévaré et Konna, une affirmation qui n’a pas été confirmée de manière indépendante.
Ces attaques interviennent dans un contexte de réorganisation profonde de la politique sécuritaire malienne depuis les coups d’État de 2020 et 2021. Les autorités militaires ont progressivement réduit leur coopération avec plusieurs partenaires occidentaux et renforcé leurs relations avec la Russie, notamment à travers le soutien d’Africa Corps. Malgré cette évolution, les groupes jihadistes continuent d’opérer dans plusieurs régions du pays. Des données rapportées par le quotidien britannique The Guardian, citant l’ACLED, font état de 2 145 incidents liés aux groupes jihadistes au Sahel en 2026, à une date antérieure à la fin de l’année.
Le bilan de Dioura reste donc sujet à des écarts selon les sources, mais la convergence des informations disponibles confirme l’ampleur de l’attaque et l’existence de pertes militaires très importantes. Les opérations menées à Dioura, Sévaré et Konna montrent que les forces maliennes demeurent confrontées à une activité jihadiste persistante dans le centre du pays.











