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Guinée équatoriale : Ahmed Soliman détenu après ses témoignages sur les expulsés américains

photo d'illustration

Ahmed Soliman, ressortissant égyptien expulsé des États-Unis vers la Guinée équatoriale, a été placé en détention après avoir témoigné sur les conditions de prise en charge des migrants transférés dans ce pays. Son avocate affirme qu’il est actuellement détenu sans possibilité de communiquer avec l’extérieur. L’affaire intervient quelques jours après une confrontation entre des forces de sécurité équato-guinéennes et plusieurs migrants à Malabo.

Selon Reuters, Ahmed Soliman a été interpellé par les autorités équato-guinéennes après avoir publiquement évoqué le traitement réservé aux personnes expulsées des États-Unis. Son avocate américaine, Kate O’Donnell, a indiqué que son client était détenu et privé de communication. La localisation précise de Soliman n’a pas été communiquée publiquement. Le gouvernement de la Guinée équatoriale n’a, selon Reuters, pas répondu aux demandes de commentaires concernant son statut.

Cette détention intervient après un incident survenu au début du mois à l’hôtel Bamy, à Malabo, où sont hébergés des migrants expulsés des États-Unis. Trois témoins et des images vidéo communiquées à Reuters ont montré des policiers équato-guinéens pointant leurs armes vers plusieurs migrants. Soliman avait alors déclaré avoir été contraint de rester à genoux, les mains levées, pendant plusieurs minutes. Reuters précise toutefois ne pas avoir pu vérifier indépendamment tous les événements ayant précédé la confrontation.

Les tensions auraient commencé autour de téléphones portables confisqués à certains migrants. Après l’incident, des membres des forces de sécurité seraient revenus à l’hôtel et auraient procédé à de nouvelles confiscations de téléphones, selon l’avocate de Soliman. Celle-ci affirme que les autorités auraient évoqué le reportage de Reuters pour justifier cette intervention. Un autre migrant expulsé aurait également été arrêté, selon l’agence de presse.

Le cas de Soliman s’inscrit dans un dispositif américain d’expulsion vers des pays tiers. Reuters rapportait début septembre que 31 personnes expulsées des États-Unis étaient alors détenues dans l’hôtel de Malabo. Une autre estimation citée par l’agence, établie à partir du Third Country Deportation Watch, faisait état de 53 personnes transférées vers la Guinée équatoriale entre novembre 2025 et juillet 2026.

Ces transferts font l’objet de débats aux États-Unis concernant les garanties accordées aux personnes expulsées vers un pays avec lequel elles n’ont pas nécessairement de liens. Des organisations de défense des droits humains et des avocats ont demandé davantage de transparence sur les accords concernés et sur les conditions de détention. De son côté, le département d’État américain affirme que les expulsions concernent des personnes n’ayant pas le droit de rester aux États-Unis.

La détention d’Ahmed Soliman place désormais les autorités américaines et équato-guinéennes face à des demandes de clarification sur son statut, son lieu de détention et ses possibilités d’accès à un avocat. À ce stade, l’absence de commentaire officiel de Malabo ne permet pas d’établir publiquement les motifs exacts de son arrestation. L’affaire demeure donc suivie à partir des déclarations de son conseil, des témoignages recueillis et des éléments documentés par les médias.

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