
La décision du Parlement nigérian intervient dans un contexte de nouvelles violences visant des migrants africains en Afrique du Sud. Abuja invoque notamment les morts, blessures, déplacements et pertes de biens signalés parmi ses ressortissants. Cette suspension concerne les engagements parlementaires, sans remettre en cause, à ce stade, les visites gouvernementales entre les deux pays.
L’Assemblée nationale nigériane a annoncé le 11 septembre 2026 la suspension, jusqu’à nouvel ordre, des visites officielles en Afrique du Sud et de la participation de parlementaires nigérians aux réunions ou activités législatives organisées par des institutions sud-africaines. Selon Reuters, la mesure ne s’applique pas aux visites et réunions gouvernementales. Le Parlement présente cette décision comme une expression de préoccupation concernant la sécurité, la dignité et le bien-être des Nigérians vivant ou exerçant légalement des activités en Afrique du Sud.
Cette décision intervient après plusieurs épisodes de violences anti-immigrés enregistrés en Afrique du Sud en 2026. Associated Press rapporte notamment que deux Nigérians ont été tués en juin, l’un dans des circonstances impliquant, selon les autorités nigérianes, des policiers, et l’autre par des assaillants non identifiés. Ces violences s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions autour du chômage, de la criminalité et de la pression exercée sur certains services publics, des manifestants accusant notamment les étrangers d’aggraver ces difficultés.
La question revêt une dimension particulière pour les relations entre Abuja et Pretoria, deux des principales puissances économiques et politiques du continent. Le gouvernement nigérian avait déjà fait état de pertes humaines importantes. Lors d’une rencontre tenue à Abuja en juillet avec le ministre sud-africain des Affaires étrangères Ronald Lamola, le ministre d’État nigérian aux Affaires étrangères, Sola Enikanolaiye, a indiqué qu’au moins 98 Nigérians avaient été tués depuis 2022 dans des attaques de groupes, des violences liées à la haine et des homicides extrajudiciaires, selon AP.
Les déplacements de population témoignent également de l’ampleur des tensions. D’après Reuters, 1 695 Nigérians ont été volontairement évacués d’Afrique du Sud en 2026 dans ce contexte. Les chiffres globaux demeurent toutefois différents selon les sources : Pretoria évoque près de 90 000 personnes rapatriées volontairement ou expulsées, tandis que les gouvernements de plusieurs pays d’origine avancent un total proche de 178 000 personnes.
La suspension parlementaire constitue ainsi une nouvelle étape dans un différend qui dépasse les relations entre deux institutions législatives. Elle intervient alors que les autorités nigérianes et sud-africaines continuent de maintenir des canaux diplomatiques. Pour les deux pays, l’enjeu demeure de concilier la protection des ressortissants étrangers, la gestion des tensions migratoires et la préservation des relations bilatérales au sein du continent africain.











